Au-delà du Street Art – L’Adresse / Musée de La Poste

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Au-delà du Street Art : un titre/constat pour l’exposition hébergée actuellement à L’Adresse du Musée de La Poste. Aujourd’hui, le Street Art s’expose au-delà de son espace urbain naturel. Il est rentré dans les galeries, chez les collectionneurs, voire dans les campagnes de communication. On a tous mémorisé l’affiche officielle bleue et rouge de Barack Obama en 2008, signée du graffeur Shepard Farey.

La scénographie retenue par L’Adresse est plus proche de l’esprit white cube que de l’énergie de la rue. Chaque artiste s’est vu attribuer un territoire bien délimité et ne déborde pas de ce cadre. Si le support initial, comme la palissade, est parfois montré, on peut voir nombre d’œuvres réalisées directement sur des toiles. Donc finalement très institutionnelles. Six commandes ont été réalisés spécialement in-situ. Onirique et pertinent, C215 s’est approprié une boîte aux lettres jaune de La Poste à sa façon féérique. Autre clin d’œil, Mesnager a apposé sa silhouette blanche dégingandée sur la toile de jute d’un sac postal.

Les précurseurs font leur apparition dans l’espace public dès les années 60. Ernest Pignon-Ernest privilégie alors la mémoire des lieux, avec le papier collé et la sérigraphie. Zloty tague ses traces éphémères lors du premier chantier des Halles. Dans l’expo, ils voisinent avec les désormais classiques Blek, Miss Tic et Invader, qui opèrent avec des sprays ou bien des carreaux de céramique. Vhils retranche plus qu’il ne superpose : affiches et murs dévoilent en creux ses portraits d’inconnus. Le parcours intègre des stars internationales comme Banksi, spécialiste des interventions à risque, véritables défis politiques. Voir ses exploits sur le mur israëlo-palestinien.

Un graffeur agit vite. Sa pratique furtive, à la limite de l’incivilité, implique un repérage et une préparation préalable. L’exposition s’attache au making off : pochoirs évidés, aérosol, papiers à coller, burin, ciment et carreaux colorés…  Les rituels sont décrits lors d’interviews filmées avec visage encagoulé anonyme de rigueur. Les derniers développement du mouvement Street emprunte des formes multiples comme les labyrinthes au sol de L’Atlas ou le papillon géant  en papier de Ludo, adepte de la culture jamming (le détournement culturel des marquages de signalisation routière ou panneaux publicitaires).

Bref, une visite guidée à travers un art qui est en train de gagner pignon sur rue et droit de cité. En sortant de là, il s’agit d’ouvrir l’œil pour capter le geste spontané à sa source.

Au-delà du Street Art – L’Adresse  / Musée de La Poste – Jusqu’au 30 mars

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