Les couleurs du ciel / Musée Carnavalet

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Les couleurs du ciel, une exposition qui donne des ailes. Le Musée Carnavalet nous aspire vers d’autres cieux en rassemblant une centaine de peintures religieuses, naguère accrochées sous les voûtes des églises de Paris avant d’être dispersées à la Révolution. Il accueille des oeuvres majeures, commandées à des maîtres tels que Nicolas Poussin, Philippe de Champaigne ou Simon Vouet, pour orner et instruire.

Au XVIIème, le ciel s’avère peuplé de créatures invisibles à l’œil nu. Et la peinture semble le lieu de rencontre privilégié des anges et des hommes… Sur la toile, les figures séraphiques prennent corps, occupent pleinement l’espace et ne sont pas traitées à la légère. Pas de cloisonnement entre les mondes céleste et terrestre, mais une même densité picturale. On reste hypnotisé par la vision frontale du Modello de Charles de la Fosse, huile préparatoire destinée à la concavité de la coupole des Invalides, magistrale composition circulaire.

A travers les tableaux, on peut observer la corporalité des anges. La communication avec les êtres du firmament passe par un regard, un signe de main, un effleurement ou un contact physique. Les serviteurs divins font même preuve d’un soutien efficace lorsqu’un corps monte au royaume des cieux, se chargeant de l’Assomption. On ne sait pas si l’ange gardien peut fouler le sol… Philippe de Champaigne dissimule mystérieusement les pieds de celui qui nourrit Le songe d’Elie.

Avec Louis Licherie, l’art atteint des sommets pour rendre lisible la hiérarchie de l’invisible. Le tableau Les neuf chœurs des Anges déroule toute la typologie, depuis les proches du Très-Haut jusqu’à ceux qui fréquentent les hommes. Dans cette représentation du sacré, le peintre transige avec les éléments naturels : nuages et lumière solaire, perçue comme métaphore divine. Il s’appuie sur les règles de la perspective atmosphérique pour installer les différentes formations  dans l’espace.

Au delà de l’éther, le ciel est un prisme spirituel. Ou encore une étendue prodigue teintée de surprises, comme en témoigne La Manne de Jean-Baptiste de Champaigne. Un tour d’horizon en apesanteur au sommet de la peinture religieuse du XVIIème siècle. Dans l’azur haut en couleur.

Les couleurs du ciel – Peintures des églises de Paris au XVIIème siècle / Musée Carnavalet / jusqu’au 24 février

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