Sous influences / La Maison Rouge

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Artistes et psychotropes. Liaisons sulfureuses. Le commissaire d’exposition Antoine Perpère s’écarte volontairement de tout jugement moral. Ce professionnel de la prévention / réhabilitation fait cohabiter dans la Maison Rouge 250 visions sous influences. L’expérience des drogues comme auxiliaire ou sujet des oeuvres, sous différentes lignes.

Recherche expérimentale. Dans un esprit clinique, le Professeur Charcot étudie les effets neurologiques du haschich sur sa propre production graphique. Des artistes emboîtent le pas. Henri Michaud et sa série de dessins sous mescaline intitulée comme telle. Cocteau, dont la dépendance à l’opium transpire à travers des dessins quasi-documentaires. Exorcisme des distorsions vécues lors des prises. Bryan Lewis Saunder corrèle un nombre stupéfiant de produits à un fil d’autoportraits contrastés, mais très maîtrisés formellement.

Effets délétères. Les travaux photographiques de Larry Clarck ou d’Antoine d’Agata, montrent de l’intérieur la descente aux enfers du toxico ou du sniffeur de colle. Edson Banus expose au grand jour un poumon de papier perforé de trous de cigarette. Seringues, cuillères maculées et citron putréfié : Aurèle dédie ces reliques engluées dans un bloc de résine à un ami victime d’overdose. A l’image de la dépendance, des toiles d’araignée en chaîne dorée s’insinuent dans l’installation de The Plug.

Culture et culte. Une salle rend compte de la fascination pour l’amanite tue-mouche aux propriétés hallucinogènes. Ce champignon sur-représenté devient une icône dans la culture psychédélique assortie d’une esthétique reconnaissable. Selon ces codes ultra-colorés et saturés, Martial Raysse restitue par film une expérience festive de transe entre amis. A rapprocher du Trypps#7 de Ben Russell, immersion miroitante dans la dislocation de la perception entrecoupée de flash sur un visage souriant.

Complaisance et détournement. L’ingestion quotidienne de molécules chimiques est perceptible dans les sérigraphies de Damien Hirst. Gros-plan sur des packagings de médicaments psychotropes dont le nom est remplacé par un plat typiquement anglais. Mise en perspective : l’exposition se termine sur une sélection de publicités du luxe qui façonnent des codes de l’addiction chic.

Un voyage sans effet secondaire mais posant bien des questions, en substance.

Sous influences – artistes et psychotropes – Exposition à la Maison Rouge – Fondation Antoine de Galbert – Jusqu’au 19 mai

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