Mapplethorpe Rodin / Musée Rodin

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Mapplethorpe / Rodin. Dans l’hôtel Biron s’opère la confrontation physique d’un monstre sacré de la photographie new-yorkaise et d’un géant de la sculpture française. Cette rencontre semble abolir le temps et la distance séparant ces œuvres centrées sur le corps humain… Des affinités parfois troublantes. Même si le sculpteur poursuit l’obsession d’inclure le mouvement dans ses figures alors que le photographe s’attache à la quête d’une perfection plutôt statique.

Premiers rapprochements sur un rythme noir / blanc. Modèles black et albinos, Ken Moody – Robert Sherman de Mapplethorpe. Version bronze et plâtre d’un même moulage de Rodin. Coïncidence ou continuité des formes : Les trois Faunesses semblent se réincarner dans le trio Ken – Lydia – Tyler. Les gestuelles et les postures paraissent parfois issues de mêmes matrices. Voir les analogies dans le traitement de l’arche des torses, la cambrure des nuques, la saillie des colonnes vertébrales…

Le photographe, en sculpteur de lumière, fait poser Ken sur une sellette académique, le capture sous des angles de vue multiples et donne un relief métallique à l’image argentique… Ou bien il enrobe ses modèles d’une pellicule d’argile, d’un ruban de gaze, cultivant la dimension tactile à fleur de peau. Comme Rodin, Mapplethorpe a recours au drapé, élément de théâtralisation des formes.

A un siècle d’intervalle, les deux artistes explorent les mêmes veines : la plastique des corps, le sexe débridé, l’amour du détail ou du fragment, les « raccourcis » qui donnent parfois l’illusion qu’un buste est amputé, allégé et sublimé. La vie jaillit de la matière. Les nature-mortes photographiées exsudent la sève, le levain, le suc… La scénographie transparente de l’exposition souligne les effets de doubles. Les âmes florales de Rodin, figures féminines émergeant d’une urne tel un génie d’une bouteille, répondent aux vases de coquelicots au bord de l’éclosion de Mapplethorpe. Et aux autres fleurs aux pistils protubérants. Des rapprochements fertiles.

Une mise en relief de deux esprits forts, dans un rehaussement mutuel captivant.

Mapplethorpe Rodin / Exposition au Musée Rodin – Jusqu’au 21 septembre – Voir aussi la rétrospective Mapplethorpe au Grand Palais.

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