Emmet Gowin / Fondation Henri Cartier-Bresson

Edith-and-Rennie-Booner-Danville-Virginia-1970-©emmet-gowin- fondation-hcb

À première vue, rien de spectaculaire dans le travail d’Emmet Gowin. La première salle montre une photographie paisible et familiale au fil du temps, la poésie des jours heureux, la simplicité des jeux d’enfants… Les générations cohabitent au sein d’un foyer où l’espace se caractérise par des murs en bois, une ampoule dénudée, la vision familière de La colonne du porche et du jardin de Danville. Les enfants grandissent. Noël apporte son lot de cadeaux et des monceaux d’emballages. Voir Edith, Noël, Danville – 1971. On accompagne l’aïeule sur son lit de mort. Ce recueil pourrait être un album de famille, couvrant les années 60 aux années 80.

En fait, cette écriture photographique est une déclaration d’amour d’Emmet Gowin à Edith, la femme de sa vie. On pénètre dans l’intimité d’un amour sans faille, dans des poses parfois confondantes de naturel. Emmet Gowin enregistre sereinement la vie conjugale, les grossesses, les naissances, l’avancée en âge. Dans les années 2000 ses portraits sont plus travaillés, comme tramés. A Panama, Edith apparaît au milieu d’une nuée de papillons, semblable à un motif sacré.

Au delà du cercle familial, où les traces du temps se glissent imperceptiblement, Emmet Gowin sonde l’empreinte de l’homme dans les paysages exploités. Pour ce professeur à l’Université de Princeton, « la photographie donne corps à nos expériences ». Dès 1980, ses vues aériennes survolent une géographie méconnue et mise à mal : mines à ciel ouvert en République Tchèque, terres défigurées par des cratères dans les zones d’essais nucléaires du Nevada, no man’s land sillonné par les pneus des 4X4 sur les rives du Grand Lac Salé… Des témoignages en noir et blanc quasi graphiques, parfois retravaillés par des bains spéciaux pour obtenir des nuances de gris colorés. La série des champs irrigués par pivots est marquée par de vastes cercles tracés à la surface de la terre. Elle semble cartographier des mandalas vides de sens.

Les deux faces d’une photographie focalisée sur l’harmonie.

Emmet Gowin – Exposition de photographies – Fondation Henri Cartier-Bresson / Jusqu’au 27 juillet

 

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