Tiki Pop / Musée du quai Branly

expo-tiki-pop-musee-quai-branly

Comment Tiki, dieu primitif polynésien, est-il devenu une icône idolâtrée par le rêve américain ? Fasciné par la culture Tiki Pop, Steven Kirsten, à la fois collectionneur et commissaire d’exposition, nous ouvre les portes de son paradis au Musée du quai Branly. La vague d’engouement a déferlé sur les Etats-Unis dans les années 50 et 60. En archéologue urbain, Steven Kirsten, a accumulé les reliques d’une époque révolue pour analyser son émergence, ses points culminants, ses formes multiples.

Le paradis des vahinés

Les premiers passeurs du mythe du Lost Paradise sont des explorateurs, des écrivains comme Jack London et Pierre Loti ou le peintre Paul Gauguin qui propage une vision idyllique de Tahiti. Puis, l’industrie cinématographique s’empare de cet imaginaire, notamment avec le film Mutiny of the Bounty. À Hollywood, un cap décisif est franchi lorsque les palmiers du film The Sheik sont transplantés au night-club Cocoanut Grove. Des bars Hurricane poussent alors en Californie et jusqu’en Floride, comme autant de produits dérivés du film. Des aventuriers tel Don the Beachcomber se reconvertissent dans cet eldorado en ouvrant les lieux exotiques du moment. Le concept du Tiki bar est né dans ces décors de paillotte, filets marins, bois flottés, coquillages…

Le dieu Tiki inspire la Pop Culture

Après la guerre, les vétérans déployés dans les îles océaniennes préfèrent substituer aux souvenirs de l’enfer le fantasme des Mers du Sud et des Hula girls. Ils continuent d’alimenter le mythe. L’expédition du Kon-Tiki fascine et s’ancre à son tour dans la légende. En 1950 le Tiki, tel un totem, s’érige en summum de décontraction face à un style de vie orienté vers le travail et le matérialisme. Il fait contrepoint à un design rationnel et s’impose graphiquement comme logo sur les menus des restaurants ou les boîte d’allumettes. On crée des mugs, des verres à cocktails à son effigie et on bâtit même des complexes hôteliers ou résidentiels à son image !

Quand le mythe prend l’eau

Lorsqu’Hawaï est rattaché aux États-Unis en 1959, c’est la destination à adopter, le modèle de vacances réussies aux yeux de l’américain moyen. Même Marlon Brando transforme le rêve latent en réalité. Il épouse une actrice polynésienne, sa partenaire dans Mutiny of the Bounty, et part vivre sur un atoll. Mais son bonheur fera tragiquement naufrage… Le désenchantement va faire surface à l’échelle de l’Amérique. Tout ce style de vie mainstream un peu naïf sera refoulé par la génération Flower Power et ses propres idéaux.

On parcourt avec un brin de nostalgie cette parcelle oubliée du continent américain. La chemise hawaïenne avait de beaux jours devant elle…

Exposition Tiki Pop – L’Amérique rêve son paradis polynésien / Musée du Quai Branly – Jusqu’au 28 septembre

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s