Musée du Parfum / Fragonard

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Situé à un jet du Palais Garnier, le Musée du Parfum vous plonge dans la mémoire olfactive du monde. La Maison Fragonard expose aux regards une collection exceptionnelle à l’étage d’un hôtel particulier du XIXème resté dans son jus, avec ses parquets point de Hongrie et ses plafonds peints… Jean-François Costat, héritier de l’entreprise familiale de Grasse, l’a patiemment rassemblée pendant une cinquantaine d’années. Elle démarre depuis l’antiquité égyptienne, aux origines du parfum, avec des vases et flacons intacts destinés aux onguents et huiles odorantes à vocation divine.

Le visiteurs peut se faire guider (le plus souvent en chinois ou en russe…) ou bien reconstituer lui-même l’histoire en flânant entre les alambics de bronze patiné et les vitrines surannées. C’est un musée à l’ancienne, dont le charme compense quelques cartels manquants… Les cadres d’enfleurage font revivre toute l’alchimie du parfum. Les fleurs fraîches, jasmins, tubéreuses ou jonquilles, étaient enfouies dans des couches de graisses animales qu’elles saturaient de leurs odeurs. Puis ces pommades étaient lavées à l’alcool, de façon à capturer les fragrances et obtenir l’absolue très recherchée.

Parcourir ce musée, c’est aussi comprendre les usages et mutations du parfum à travers les époques. Dès le Moyen-âge, les sphères ajourées des pomanders renfermaient des mélanges de plantes bienfaisantes aux vertus protectrices, souvent destinées à combattre les épidémies. On peut aussi contempler d’imposants pot-pourris ou brûle-parfums en porcelaine de Chine et de Saxe, des nécessaires de toilette raffinés (dont celui offert par le duc de Berry à son épouse), une fontaine à parfum Louis XVI…

Au XVIIIème, la folie du parfum imprègne même des artifices comme les perruques ou les mouches placées sur le visage. Voir la minuscule boîte à fard et à mouches en galuchat… Un monde de raffinement s’ouvre. Le XIXème siècle semble faire preuve d’une créativité illimitée dans les formes de flaconnages : figurines ou angelots en porcelaine, flacon tête de cygne en cameoglass, flacon broche ou bague… Une vitrine est dédiée à l’acquisition de fleurons de la parfumerie du début du XXème siècle. Voir le flacon chandelier en cristal doré Sleeping de Schiaparelli et le flacon tonnelet With Pleasure de Caron…

On rêve aussi devant l’étendue de l’orgue à parfum. Des fioles intouchables. Mais le musée offre la possibilité de jouer à l’apprenti-parfumeur en testant son aptitude à reconnaître de multiples arômes sous forme de concrète (réglisse, rose, ananas…). Ce lieu à l’atmosphère unique distille l’envie de connaître l’histoire fabuleuse du parfum.

Le Musée du Parfum – Fragonard / Collection permanente en accès libre

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4 commentaires

  1. laetitiaandcompany · janvier 5, 2015

    L’obsédée des parfums que je suis te remercie de l’avoir transporté dans ce lieu, lors de ce lundi matin lugubre…

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  2. iristouch · janvier 5, 2015

    Ah, la magie des odeurs… ;-)

    Aimé par 1 personne

  3. lettrem · janvier 29, 2015

    Je n’ai jamais entendu parler d’un musée des parfums. J’adore l’idée !! j’aimerai y être un jour :)

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    • iristouch · janvier 29, 2015

      C’est un très beau lieu. Si vous aimez le parfum, il y a aussi l’Osmothèque à Versailles et le Musée International de la Parfumerie à Grasse. Et puis des historiens du Parfum à lire : Annick Le Guerrer ou Elisabeth de Feydeau. ;-)

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