Le Presbytère – Béjart Ballet Lausanne

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Flashback. Il y a 17 ans, Maurice Béjart chorégraphiait au Palais de Chaillot Le Presbytère. Pour conjurer la perte de deux monstres sacrés emportés prématurément par le sida. Gil Roman, l’actuel directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne a remonté cette pièce magistrale dont il a été l’un des solistes. Aujourd’hui, le public parisien est massivement au rendez-vous au Palais des Congrès pour voir ou revoir cette ode à la vie, qui emprunte le code d’un roman de Gaston Leroux : Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni son jardin de sa fraîcheur. Ce ballet / show d’une grande ampleur a été écrit sur une musique alliant Mozart et Queen pour une quarantaine de danseurs. C’est le couturier Versace, un talent disparu lui aussi, qui avait dessiné les costumes. Au delà de ces deuils, comme le dit avec force la voix de Freddie Mercury, The Show must go on.

La scène est saturée de jeux de lumières, les solistes évoluent au centre d’un halo éclatant, en stars. Ils réincarnent Jorge Donn, danseur phare de Béjart et Freddie Mercury, chanteur leader de Queen. Tous deux ont été fauchés au même âge, à 45 ans. La mort et l’amour sont les thèmes forts qui traversent la scène symboliquement : les linceuls qui ouvrent la danse, les civières d’où la vie renait, les pleureuses en retrait, la tenue de mariée réduite parfois à un voile noir, les anges aux ailes triomphales, les jeux d’oreillers d’où s’échappent une pluie de plumes, les étreintes masculines d’une back room qui s’ouvre comme une boîte de Pandore… Tout s’enchaîne avec fulgurance. L’écriture de Béjart, d’esprit néoclassique, est intacte : elle mêle les pirouettes, les pointes et les grands jetés aux passages au sol, aux pieds flex et à l’expressivité des mains. Les formations passent de la géométrie symétrique au cercle irradiant et au regroupement compact. Le soliste interprétant Jorge Donn est torse nu. Les images de Nijinski, clown de Dieu font revivre sa présence fascinante.

L’âme du maître semble accompagner cette messe pour le temps présent. Pendant le salut final Gil Roman étreint ses danseurs solistes et offre une chaleureuse poignée de main à tous les autres interprètes. Beaucoup d’émotion passe dans la salle qui se lève dans un même élan !

Le presbytère – Béjart Ballet Lausanne – direction artistique Gil Roman / vu au Palais des Congrès le 4 avril – jusqu’au 6 avril

Plus d’infos sur le spectacle et la tournée

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