Déambuler dans Tokyo et Cali avec Daido Moriyama et Fernell Franco

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La Fondation Cartier rassemble dans un même espace deux maîtres de la photographie de rue. Dans cette exposition très urbaine, on emboîte les pas du japonais Daido Moriyama et du colombien Fernell Franco.

Le premier point d’entrée sur Tokyo passe par une série de panneaux composites grands formats. Ici, le photographe bien connu pour la force de son Noir et Blanc juxtapose 86 tirages couleur Chromogène par 2, 3 ou même 6. Marchant quotidiennement dans Shinjuku, Daido dévoile l’intimité  de ce quartier périphérique tokyoïte, un motif de lipstick aguicheur, ses entrailles et ses tuyauteries apparentes, ses ratés et ses failles. Sa photographie nous égare dans des labyrinthes symboliques. Une corneille isolée peut nous renvoyer à l’univers littéraire de Murakami, une chaussure féminine oubliée dans la rue peut marquer un pas vers une forme de fétichisme.

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De son propre aveu, Daido déclenche ses prises de vue sous l’impulsion du désir. Il entretient une relation pulsionnelle et instinctive à sa ville. Adoptant un point à hauteur du caniveau, son diaporama Dogs and Mesh Tights construit un puzzle fluctuant de 25 mn. Accompagné d’une bande-son mixant les bruits de la ville, il fait ressurgir distinctement ses leitmotivs visuels, dans toute la puissance de l’écriture N&B. Les obsessions s’enchaînent et se croisent : grillages et réseaux de branches d’arbres, reflets dans les vitrines et surfaces rutilantes, affichages sauvages et forces naturelles. Et toujours ces lèvres glossées provocantes …

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Un étage plus bas, la balade en clair-obscur de Franco Ferneil documente une ville qui n’est plus. Cali a été ravagée par la violence liée aux trafics de drogue. C’est le souvenir du photographe qui guide ses trajectoires. Il s’attarde sur les lieux de son enfance, sur les murs en proie à la démolition, sur les salles de billards ou de  salsa désertées, les maisons closes des quartiers populaires… Il emprunte des voies métaphoriques comme ces mystérieux linceuls recouvrant les ballots du port. Parfois l’image est programmée pour se dégrader, comme pour mieux intégrer les phénomènes de disparition.

Deux portraits de ville sensibles, qui méritent vraiment le détour.

Daido Tokyo – Cali clair-obscur / expositions de photographies de Daido Moriyama et de Fernell Franco / Fondation Cartier pour l’art contemporain – Jusqu’au 5 juin

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