Les paysages intérieurs d’Albert Marquet

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Qu’elles soient baignées d’une brume diffuse ou d’une lumière radiante, les toiles de Marquet restent intimement liées à l’élément aquatique. Qu’elle soit douce ou salée, l’eau s’écoule au fil du temps comme le sujet majeur d’un peintre constant.

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Marquet peint des variations infinies du cours de la Seine depuis deux points de vue remarquables, quai du Louvre et quai des Grands-Augustins, où il résida. La rive droite répond à la rive gauche, la silhouette de la Cathédrale Notre Dame et la coupole de l’Académie se profile en champs ou en contre-champs. Les lignes fuyantes des quais deviennent familières.

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En réalité, Marquet construit dès les années 1899-1904 une trame spatiale qui imprimera ses toiles comme un motif de fond. Un ensemble de lignes de forces tridimensionnelles organisent ses tableaux. L’horizon qui trouve souvent un écho dans un pont traversant, une ligne transversale filante matérialisée par une digue, le bord d’un bassin ou un chemin de halage, des marqueurs verticaux comme un piquet ou un réverbère.

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Ses premiers petits formats annoncent aussi les couleurs qu’il fait siennes : une palette pure, travaillée selon des touches plus ou moins directionnelles à la manière de Cézanne. Son audace chromatique emprunte parfois aux Fauves : un rose intense s’insère dans ses ciels et dans ses aplats de gris colorés. Les eaux apparaissent translucides, dans un turquoise modulé. Les clapots se rythment de pointes blanches tranchantes, les pavois claquent. Le vert est traité en monochrome, par exemple dans ses période de fascination pour les paysages en miroir ou pour les fenêtres et persiennes…

Sa peinture nous transporte de port en port, du Havre à Naples en passant par le Maroc, sans forcément saisir de signes caractéristiques de ces destinations. Au contraire, le pinceau du peintre incruste sur ses tableaux des éléments récurrents : voiliers, embarcations légères à rame ou grand bâtiments, drapeaux, marcheurs isolés… Ces obsessions tranquilles structurent une œuvre marquante.

Albert Marquet, Peintre du temps suspendu – Exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris – jusqu’au 21 aout

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