Une histoire parallèle de la photographie par Jean Dibbets

Quelles dimensions recèle l’image photographique ?  Au cours de son oeuvre, Jean Dibbets, artiste contemporain conceptuel majeur, s’est emparé de ce medium qualifié d’art mineur pour traiter par exemple de Perspective Correction. Aujourd’hui, à  l’invitation du MAM de Paris, il construit sa propre histoire de la photographie, prenant le contrepied de certains critiques comme Baudelaire, qui voit dans cette pratique le refuge des ratés des Beaux-Arts ! Dès le démarrage de l’exposition, Jean Dibbets ouvre grand la boîte de Pandore. Il présente un tableau minutieusement peint par Ingres comme un travail précurseur de la photographie couleur !

 

Ne vous attendez pas pour autant à voir de la « photographie d’art » dans cette exposition, ni une chronologie rigoureuse. Le parcours s’étire sur les origines scientifiques de la photographie, en présentant la photomicrographie d’une aile de papillon de William Henry Fox Talbot, les planches botaniques de cyanotypes recueillies par Anne Atkins, des radioscopies qui s’aventurent au-delà de l’œil humain, des photos de la Nasa prises sur Mars… A cette beauté brute révélée par l’objectif est confrontée un grand format zébré par l’éclair signé du photographe contemporain Hiroshi Sugimoto.

rodchenko

Une salle entière est consacrée à l’obsession de Muybridge pour les séries Animal Locomotion, qui décomposent des mouvements indétectables à l’œil nu. Pour Jean Dibbets, ces clichés d’essence scientifique repoussent les limites de l’expérimentation. Ils catalysent les recherches d’avant-gardes artistiques représentées par Rodchenko et Moholy-Nagy  ou les compositions abstraites de Berenice Abbott.

Boltanski

Le rapport de la photo et de l’art est montré sous des angles sans cesse renouvelés : capture d’un paysage de land-art transformé par Richard Long, de la performance du Saut de l’Ange d’Yves Klein, utilisation du medium dans les rapprochements surréalistes de Man Ray ou comme passeur de mémoire chez Boltanski… Enfin les photographies numériques de Thomas Ruff ouvrent des perspectives de manipulations et distanciations illimitées par rapport au sujet initial tandis que les nouvelles possibilités techniques d’impression tridimensionnelle conduisent à la production d’objets sculpturaux. L’ouverture de cette boîte de Pandore fait éclater toutes les catégories.

La boîte de Pandore – Une autre photographie par Jan Dibbets / Musée d’Art Moderne – Jusqu’au 17 juillet

Merci au site expointhecity qui m’a offert une invitation pour cette exposition

 

 

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Un commentaire

  1. d3ssin · juillet 12

    magnifique expo !

    J'aime

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