À pied d’œuvre(s) à la Monnaie de Paris

Pendant des siècles, la sculpture s’est érigée vers le ciel, a cherché à se déployer librement dans l’espace et à prendre son envol, du haut de son socle. Mais dans ce parcours résolument moderne, sa dimension horizontale ainsi que sa proximité avec le sol tissent un autre fil conducteur. À l’occasion des 40 ans du Centre Pompidou, un ensemble représentatif, issu des collections permanentes du musée, est présenté dans les salles d’exposition de la Monnaie de Paris.

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Bascule des plans et rupture d’échelle s’imposent d’emblée. Dans l’escalier d’honneur vous  levez les yeux et contemplez une vidéo survolant l’immense Jetée de Smithson posée sur l’étendue du Grand Lac Salé en Utah. Une oeuvre maîtresse du Land Art, qui épouse la réalité du terrain. Sur le dallage du vestibule une œuvre de Michel Blazy est livrée au moindre souffle d’air et au principe de transformation constante.Comme une apologie de la légèreté, elle serpente librement. Après avoir franchi un rideau, vous plongez en immersion et en apesanteur dans les projections évanescentes de Pipilotti Rist, qui semblent rebondir sur l’écran constitué par le sol.

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Spectaculaire, Red Angel of Marseille (James Lee Byars) vous ramène à un ordonnancement symétrique qui répond à l’agencement classique du salon d’apparat et à l’ovale du ciel peint au plafond. Ces volutes constituées de 1000 sphères de verre grenat jouent avec la lumière, se laissent traverser ou bien renvoient les reflets des fenêtres qui ponctuent les murs. À vous de multiplier les points de vue pour mieux appréhender cette forme éclatée.

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Salle Jean Varin sont réunies 3 sculptures-manifestes qui remettent radicalement à plat les principes de la verticalité de la sculpture. RP3, Ci-gît l’espace d’Yves Klein se veut la mort annoncée d’une spatialité classique. Trébuchet de Marcel Duchamps se présente comme un porte-manteau cloué au sol. Il renverse le positionnement et la fonctionnalité habituelle de l’objet en lui faisant acquérir la dimension artistique du ready-made. La poignante Femme égorgée de Giacometti, mord pitoyablement la poussière et toise de haut, non sans pitié.

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Installées dans le cadre séculaire de la Monnaie de Paris, ces œuvres singulières acquièrent par contraste un supplément de lisibilité. La géométrie rigoureuse des 158 segments disposés par Carl André vient se superposer aux motifs réguliers du parquet, dans un subtil décalage. La spirale de Tony Crag se love dans la rotondité de la Salle Babut de Rosan avant de se dilater progressivement.  La pesanteur des œuvres minérales d’Ulrich Rückriem ou de Tatiana Trouvé se confronte directement au marbre imposant d’une cheminée. L’œuvre performative de Jochen Gerz vous ancre dans le sol et vous oblige à vous positionner parmi ces oeuvres. Vous êtes au pied du mur.

À pied d’œuvre(s) – exposition à la Monnaie de Paris / jusqu’au 9 juillet

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