Fautrier – Matière et Lumière – au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

L’exposition Fautrier – Matière et Lumière – précise les contours d’une œuvre méconnue du grand public, même si elle est bien représentée dans les collections des plus grands musées, dont le MAM de la ville de Paris. Les longues galeries du MAM nous font serpenter à travers cet « Art Informel », comme il fut qualifié par les critiques d’art de l’époque. Elles nous guident au cœur de ses différents moments chromatiques et de ses mystérieuses circonvolutions, dans une évolution organique.

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Au commencement apparaît le talent d’un peintre formé à la Royal Academy de Londres, fasciné par les portraits sombres à la façon de l’école flamande. Puis, dans les années 1926-1927, Jean Fautrier s’engage dans une période noire radicale, nourrie d’animaux écorchés, de nus pantelants et de bouquets de fleurs improbables. Ces formes esquissées affleurent du fond dans un enchevêtrement de gestes brossés ou griffés. Sa palette va ensuite s’adoucir en introduisant des gris colorés plus veloutés. Déjà, le sujet semble se diluer dans la matière, la figure se dépersonnalise et la forme émerge à peine du flou ambiant. Même les titres des œuvres cultivent l’imprécision et se superposent, comme pour associer deux visions divergentes. Voir Les Fleurs Noires ou Les Chardons Noirs 1926, La Jolie Fille (ancien titre Nu Gris), 1926-1927, Le Canard ou Le Col Vert 1928…

Le peintre s’installe dans la production de séries, poursuivant son sujet de façon obsessionnelle. En parcourant les boyaux du MAM, une question nous taraude : Qu’est-ce que Fautrier cherche à peindre ? Des énergies invisibles, la déformation de la mémoire, la désagrégation de la matière, des rythmes scripturaux ? La série des Otages, peinte entre 1940 et 1945 a suscité une vague d’émotion lors de sa présentation en Octobre-Novembre 1945 à la galerie René Drouin. Exposée sous nos yeux, elle transpire toujours le message lancinant et énigmatique d’une œuvre viscérale.

Jean Fautrier – Matière et Lumière / Jusqu’au 20 Mai au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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