Astralis / Espace Culturel Louis Vuitton

astralis-espace-culturel-louis-vuitton-borre-saethre

Âme sensible, ce Voyage Astral proposé par l’Espace Culturel Louis Vuitton est pour vous ! Bienvenue aux lisières de l’outre-monde. Des œuvres mediumniques et troublantes sont convoquées par le commissaire Pascal Pique, fondateur du Musée de l’Invisible dédié aux cultures Astrales de notre millénaire.

Évoquant l’esprit d’Astralis (poème romantique et visionnaire de Novalis) et invoquant le monde occulte, toute l’exposition s’organise autour de passages. Dans une symbolique ténèbre/lumière. La vitrine de la rue Bassano, élaborée par Myriam Mechita, semble rompre les chaînes mercantiles pour vous asperger d’un flot de visions perlées et scintillantes. Dans le grand hall, un conciliabule d’anges vous accueille au départ de l’ascenseur Perte des Sens d’Olafur Eliasson, où règne le Noir absolu. Cette expérience en forme d’élévation vous happe et vous conduit jusqu’à l’Arche de Solaris de Borre Saethre. Si vous pensez frôler une NDE, vous êtes sur la bonne voie…

Vous serez sidéré par les œuvres présentées. La présence du grand Cerf-Transfiguré de Jean-Luc Favero pourra vous habiter longtemps. Les tableaux de guérison de Vydia Gastalon débordent de tous cadres rationnels et vous renvoie à des processus miraculeux… Les tambours apotropaïques ou la machine à conjurer la fin d’un monde de Art Orienté Objet ont pour vocation de soigner l’entité terrestre. Magiques, les œuvres de Damien Deroubaix, Myriam Mechita et Rina Banerjee sont installées dans des cabinets comparables à des antichambres de l’au-delà.

Mises en scène ésotériques ou rituels sacrés, cristal sélénite ou matière organique réincarnée : des clés obscures ou luminescentes s’emparent de votre esprit. Les artistes réunis ici sont tous un peu medium et célèbrent les visions surgies des confins de l’imagination. Ou de l’univers…

Astralis – Exposition à l’Espace Culturel Louis Vuitton / Jusqu’au 11 mai

Altérité / Je est un autre – Espace Culturel Vuitton

alterites-je-est-un-autre-vuitton-tazliach-mal

L’art du voyage, c’est aussi la découverte de l’altérité sous forme introspective. L’Espace Culturel Vuitton propose d’explorer cette thématique et de visiter la géographie intérieure d’artistes issus du monde entier.

L’exposition s’ouvre sur l’effacement des frontières entre masculin et féminin, des autoportraits photographiques de Pierre Molinier. Fantasmes sur fond de travestissement et photomontages mêlant le propre corps de l’artiste à celui de créatures sexuées.

Le transgenre est aussi le sujet obsessionnel de l’Israëlien Gil Yefman. Organes hypertrophiés, secrétions corporelles, liquides et humeurs aqueuses alimentent un tricotage inextricable. Une sorte de joyeux bordel captivant qu’on appréhende d’abord sous forme d’ouvrages de laine, puis par un dyptique animé ou l’artiste revêt lui-même ces oripeaux de l’entre-deux/In between. Là où le sexe tient à un fil…

La figure marquante de l’australien Leig Bowery, drag-queen des années 80, est présentée dans une zone d’ombre. Photographies de performances stylisées à outrance, mais aussi un costume en fourrure de dalmatien, un pas de plus vers l’animalité.

A l’ombre des jeunes filles à fleur de peau : derrière les autoportraits de la jeune américaine Francesca Woodman transparaît une recherche plastique mais aussi le hors-champs de l’intime. Les clichés mettent à nu les leurres et les flous. Elles tendent vers l’effacement progressif du sujet, comme une prémonition de sa disparition prématurée. Dans une série inspirée par le quartier populaire d’Harajuki de Tokyo, la japonaise Tomoko Sawada se duplique systématiquement. Elle et son alter ego arborent des déguisements de petites filles stéréotypées, symptôme de la dissolution de l’identité dans des double-jeux.

Ce tour du monde de l’altérité passe aussi par les contrées schizophréniques de l’exil dépeintes par l’afgan Reza Hazare, les visions en vase-clos de Tal Mazliach depuis un Kibboutz, le masque/miroir diffractant de Kader Attia en provenance du continent africain. A la suite de Rimbaud, on est en partance vers des territoires mouvants dont il est difficile de sortir indemne.

Altérité – Je est un autre / Espace Culturel Vuitton / Exposition jusqu’au 15 septembre

Turbulences / Espace Culturel Vuitton

Enchaînement aléatoire ou suite logique ? Après l’exposition de la Fondation Cartier cet hiver (Mathématiques un dépaysement soudain), l’Espace Culturel Vuitton  propose aujourd’hui au grand public Turbulences pour percevoir l’ordre caché de l’univers. Ou plutôt l’instabilité qui le sous-tend.

Traversées par la même intention, les œuvres exposées propulsent dans le champ artistique des phénomènes d’ordre physique. How to construct an orange démontre la capacité de différentes sphères en papier facettées à accomplir des rotations en suspension dans un flux d’air. Fragile métaphore de l’équilibre terrestre. Telle une boule de cristal divinatoire, l’œuvre magistrale Forme littérale rend visible le mouvement perpétuel d’un tourbillon hydraulique produit par une turbine invisible. Plus loin, un mur semble passer de l’état solide à l’état liquide en portant l’empreinte des ondes centrifuges qui opèrent dès qu’un corps effleure la surface de l’eau… Dans ce même esprit sismographique, un vaste panoramique déploie des cartographies secrètes de phénomènes quotidiens sous une forme vectorielle/nuageuse…

En immersion dans ce fascinant parcours, les logiques intuitives ou scientifiques s’agrègent, se connectent et interfèrent sous vos yeux.

 Turbulences / Espace Culturel Vuitton / Tjs de 12h à 19h – le dim de 11h à 19h