Motion Factory / Gaîté Lyrique

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La Gaîté Lyrique se fait le théâtre de l’exposition Motion Factory et vous invite à découvrir les ficelles du monde animé, ses trucages minutieux et tout l’envers des décors du motion design.

Aujourd’hui, une nouvelle génération se passionne pour le film d’animation et la narration en stop-motion (soit 24 images / seconde). Cette communauté maîtrise les techniques numériques sur le bout des doigts, mais reste sensible au «fait main» et au tangible. Elle bricole son imaginaire à partir du digital et de ses matières de prédilection : petits papiers et origami, pâte à modeler et plasticine, laine crochetée et coquillages, figurines et voitures miniatures, cubes et mousse sculptée… Comme du temps de Méliès, il faut  une patience infinie et parfois une journée de travail pour produire quelques secondes de film…

En concevant la scénographie de l’exposition, les 5.5 designers ont mis l’accent sur des aspects caractéristiques de cet art : jeux de construction, making off, et boîtes aux merveilles. En toute transparence, vous circulez du film fini à sa genèse et vise-versa. Vous allez suivre les tribulations d’un oiseau qui déteste voler dans Fear of Flying de Conor Finnegan, puis passer de l’autre coté de la caméra pour appréhender le travail du plateau : croquis, story-boards, héros de tissus et décors grandeur nature.

Fasciné par un microcosme de feutre et autres bouts de ficelles, vous lisez le pitch improbable de Oh Willy… de Emma De Swaef & Marc James Roels : « Après la mort de sa mère, Willy retourne dans la communauté naturiste où il a été élevé ». Et vous restez scotché à l’écran devant le joyau mis en boîte. D’autres pépites créatives vous attendent. La rencontre d’un robot de bois et d’un pic-vert (Colosse d’Yves Gelein), la ballade fantomatique en vélo d’Elliot Dear (Bats in the Attic), la plage vue par Sandy (de Joseph Mann)… Les esthétiques foisonnent et se renouvellent constamment.

Dans la salle Kino Fabrik, c’est à vous de mettre la main à la pâte et de réaliser les décors d’un film collaboratif, à la manière d’un cadavre exquis. Il ne vous reste qu’à retrouver le sérieux de vos jeux d’enfants !

Voir le teaser de l’exposition

Motion Factory – Les ficelles du monde animé  – Exposition à la Gaîté Lyrique / Jusqu’au 10 aout

 

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The Happy Show – Stefan Sagmeister

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Designer graphique collaborant avec les Rolling Stones, David Byrne ou Lou Reed, Stefan Sagmeister s’expose à la Gaîté lyrique pour un Happy Show plutôt rock’n roll. Il s’écarte du pur langage de l’image pour passer au crible la question du bonheur.

Graffités sur les murs, de multiples considérations et obsessions personnelles en noir sur fond jaune. Des messages subliminaux détournent parfois la signalétique des lieux. « Every EXIT is a Start » peut-on lire au-dessus d’une porte. Question de point de vue. Et ces maximes s’affichent jusque dans les toilettes car la quête est sans fin.

Au sous-sol, elle prend une forme scientifique, empruntant les études statistiques de chercheurs reconnus comme Maslow. Mais parallèlement, chacun est invités à expérimenter son propre processus de bonheur : « How happy are you ? » permet de se situer sur une échelle de 1 à 10. En sélectionnant une boule de chewing-gum dans un distributeur géant on rend lisible l’état d’esprit ambiant. D’autres dispositifs réservent pleins de surprises et de sourires aux visiteurs.

Stefan Sagmeister se livre en toute transparence. Le bonheur, il a tenté de l’approcher via les drogues, le travail psycho-cognitif et la méditation. Le designer nous gratifie de témoignages mis en images. Voir « Everything I do always come back to me » à résonnance boudhiste. Sa créativité  se déploie aussi sous forme de vidéos ou de happenings urbains ancrés dans la vie et sollicitant le concours de volontaires. Le bonheur, ça se mérite !

The Happy Show – Stefan Sagmeister / Exposition à la Gaîté lyrique jusqu’au 9 mars

ARRRGH ! Monstres de Mode / La Gaîté Lyrique

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La mode est tissée d’influences. Quand elle puise dans l’univers du character design (BD, manga, jeu vidéo, animation…), elle endosse l’extrême. A faire peur !

La plupart des stylistes accouchent de créatures sans visage. Elles avancent masquées ou casquées. Le schéma corporel est déconstruit. L’obsession du volume apparaît dans les boursoufflures, postiches, prothèses, armatures, armures… ou même arme à feu greffées sur le corps. La matière enfle : mousse, franges, laine sous forme de pompons ou laine cardées des cocons science fiction de Digitaria. Sous l’action d’une pompe à air, Blow Job de Manon Kündig métamorphose une gangue caoutchouteuse en tête de mort inquiétante. Le leurre est de mise.

Les cheveux s’allongent et deviennent matière première du vêtement chez Charlie Le Mindu. Dans une veine poético-chimérique, le vestiaire emprunte au bestiaire. Voir la femme-ours immaculée d’Erika Mizuno, ou le lapin harnaché de Kim Traeger. Des cornes et bois de cerfs poussent au niveau des têtes, ou ailleurs. L’hybridation est revendiquée dans les sculptures de tulle de Walter Van Beirendonck. On reconnaît une Walking Sculpture taillée comme un topiaire, introduite à l’Opéra dans le ballet de Marie–Agnès Gillot. Les silhouettes abstraites de la japonaise Hideki Seo semblent aussi parfois passer du coté du décor.

Questionnant le corps, le vêtement et l’identité, un défilé d’incroyables, de merveilleuses, de grotesques, de mutants, d’improbables…

ARRRGH ! Monstres de Modes / Exposition à la Gaîté Lyrique / Jusqu’au 7 avril.

Hello – H5 / Gaîté Lyrique

S’adressant au grand public, Hello ™ est un parcours de décodage des techniques marketing à 360°, pour mieux s’en détacher. La Gaieté Lyrique incite le visiteur à s’immerger dans une marque fictive créée par le collectif H5 pour analyser de l’intérieur les mécanismes du branding. Derrière une marque conviviale aux accents engageants se dévoile la logique invasive d’une mythique entreprise qui auraient été fondée en 1812 par l’américain Harvey Halloway.

Hello ™ Strategy  > Le point de départ de la marque, c’est le Brand Book. Autour d’une table se définissent ses valeurs, son ADN, sa vocation, son projet, ses axes de développement… Une présentation Power Point égrène en boucle la stratégie et  les slogans fédérateurs « Ensemble, pour un monde qui vous ressemble », « In brand we trust », dénonçant leur vacuité. Le vocable Hello ™ suscite une compréhension immédiate et exprime une connotation positive universelle. La création du logo repose sur le choix d’un oiseau impérial, l’aigle, traité de façon sympathique dans des couleurs consensuelles (bleu et jaune). Les ailes déployées en font un symbole protecteur.

Hello™ Flight > Bienvenue à bord. Rejoignez l’aigle mythique en l’accompagnant dans son vol. On peut rentrer dans la légende grâce aux technologies Kinect qui permettent de diriger le vol de l’oiseau sur écran géant par commande gestuelle. L’ambition est d’offrir de l’entertainement, du gaming attractif mais formaté.

Hello ™ Museum > La marque recycle les codes esthétiques et graphiques du XXème siècle comme en témoigne une série d’affiches ayant l’aigle emblématique pour héro. Une statue Hello ™ Liberty aurait été édifiée au moment de l’exposition universelle de Chicago en 1893. Les croquis préparatoires attribué à un élève de Bartholdi sont consultables. La statue grandeur nature, hommage à l’amitié franco-américaine, est présentée dans le hall de la Gaité Lyrique. Signe de puissance et d’engagement, le projet Hello ™ Foundation est en cours d’aménagement dans une architecture d’avant-garde.

Les récits fondateurs > Un diaporama diffuse un flux d’information sur la famille Halloway et l’entreprise. Comment elle traverse l’histoire, prend la parole et rebondit sur les évènements, fait preuve de citoyenneté… Ce docu-fiction accrédite le rôle de la firme en Amérique et en France par un discours construit en lien avec son époque.

Hello ™ Store > Une sélection de produit dérivés qui permettent au consommateur de poursuivre l’expérience culturelle Hello ™. Dans le musée, une véritable boutique aux couleurs du logo permet de concrétiser l’acte d’achat et de se fondre pleinement dans la philosophie proposée. Les goodies sont également proposés sur internet tandis que la participation de l’internaute est sollicitée sur les réseaux sociaux. Voir www.hello-h5.com

Expérience immersive de la marque, cette exposition exploite à fond les procédés utilisés en marketing à l’ère du 2.0. Elle démonte les leviers mis en place pour faire adhérer le consommateur à un projet, si flou soit-il. Au final, l’oiseau d’ Hello ™ – H5 permet à tous de prendre de la hauteur de vue. Et de saisir au vol l’esprit la communication par l’enchantement…

Hello ™ H5 / La Gaîté Lyrique / jusqu’au 30 décembre