The Edelkoort Design Collection – Institut Néerlandais

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On ne présente plus l’influente Li Edelkoort dont l’œil exercé détecte les tendances de demain. Fondatrice du bureau de style Trend Union, elle a aussi dirigé pendant 10 années, la Design Academy Eindhoven, un vivier de précurseurs du design néerlandais. Cette semaine, dans le cadre de la Design Week, on afflue rue de Lille vers l’exposition de sa collection privée, centrée sur le design de la première décennie du siècle. Un ensemble visionnaire et révélateur de ses partis-pris

La scénographie favorise les recoupements des matières et des concepts. Ainsi, elle fait la part belle au cocon, dont on déroule le fil à travers différentes pièces : un fauteuil ovoïde en fine lattes de bois entrelacées, édité par Capellini, la chaise mutante Evolution de Nacho Carbonel, munie d’un appendice protecteur de papier maché, une table / chaise de Jurgen Bey recouverte d’un voile textile laiteux…

Li Edelkoort soutient les choix radicaux : les frères Campana dans leurs rapport au recyclage et à l’artisanat, Marteen Baas à qui elle a confié son propre piano à queue pour passer à l’épreuve du feu… Voir l’impressionnant Smoke Piano carbonisé, en état de marche ! Elle défend l’idée d’un design façonné par la main de l’homme. Témoin, cette série des 7 pots / 3 siècles / 2 matières de Hella Jongerius, fusionnant les époques et portant une empreinte de pouce en signature. Les acquisitions du paravent de Studio Job ou du banc / vache Belinda montrent son attachement au monde animalier.

Pièce emblématique : le fauteuil gonflable Pump it up de Nacho Carbonell rattaché par cordons ombilicaux à des formes de latex. En s’asseyant, le poids du corps communique un souffle vital à ces avatars / animaux de compagnie. Une façon émouvante de démontrer que le design est relié à l’humanité.

The Edelkoort Design Collection – Design Week – Institut Néerlandais – Jusqu’au 27 octobre

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Through an open window / Pegasus Ballet

L’irrévérence est l’arme de dissuasion de l’artiste espagnol Fernando Sanchez Castillo. Tournée en 2007 dans la zone portuaire de Rotterdam, sa vidéo Pegasus Dance  a été acquise par la Rabo Art Collection. Elle est présentée à l’Institut Néerlandais en cet automne.

Dès l’ouverture, une musique de Tchaïkovsky rythme la progression de deux blindés anti-émeute sur route dégagée. Calme plat et pas de contexte offensif. Quand les premières salves sont tirées des  canons à eau, la perception commence à glisser. Métamorphose kafkaïenne : les gerbes liquides se muent en ailes de libellule. Le déploiement de forces militaires évolue en parade d’insectes amoureux. Une sensation confortée par la valse des camions sur le terre-plein, suivant un tracé minutieux.

Vus du ciel, les véhicules se meuvent en apesanteur. Pris dans le champs de la caméra, les silos du port et les grands bâtiments sur mer redonnent un repère d’échelle tandis que les mouvement des éoliennes accentuent la dimension aérienne de la mise en scène. Les trombes d’eau noient tout propos répressif dans les couleurs délavées. Un arc-en-ciel très symbolique apparaît distinctement à travers la brume diffuse. C’est désarmant.

Pegasus Ballet de Fernando Sanchez Castillo / vidéo présentée dans l’exposition Through an open window – Art contemporain de la Rabo Art Collection  / à l’Institut Néerlandais jusqu’au 4 novembre