De ma fenêtre – Hanae / Les Tuileries

Sur une échelle spatio-temporelle le travail d’Hanae est singulier. Depuis un point fixe (sa fenêtre) ses objectifs aux des focales extrêmes visitent les plus infimes moments et semblent déplier un paysage à l’infini. Cycle des saisons, neige et pluie, lever et coucher de soleil, variations lumineuses, le photographe coréen reste sans cesse à l’affût, enregistrant le vague, le flou ou le distinct.

Il s’attache aussi à capter précisément la vie animale : silhouettes furtives des chevreuils des marais, vols d’oiseaux lointains sur fond panoramique, ballet aquatique des libellules en plan serré. Une contemplation patiente et une communion muette avec la nature à l’image de ce cliché inattendu qui saisit un dialogue entre chevreuils et pies.

L’accrochage de la série des reflets dans l’eau au sein d’une salle en rotonde conforme à celle des toiles de Monet dans l’Orangerie toute proche est moins mystérieux… Un peu trop codifié. Une fenêtre percée dans le pavillon de l’exposition guide artificiellement le regard vers un plan imprimé d’une photo d’échassier. Elle permet d’imaginer une multitude de prises de vue possibles, depuis les feuilles de marronniers frémissantes toutes proches, jusqu’à la terrasse opposée du jardin des Tuileries. Mise en perspective obligée. Là, on est un peu loin du geste d’Hanae…

De ma fenêtre – Hanae / Exposition au Jardins des Tuileries / Tjs de 10h à 22h jusqu’au 23 juillet

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