Lazy Bytes / Le Lieu du Design

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Un vrai coup de pouce à la conception de nos futures télécommandes ! Les étudiants des meilleures écoles de design ont rassemblé leurs réflexions prospectives dans une exposition collective itinérante : Lazy Bytes. L’escale au Lieu du Design permet d’opérer un zaping dans un ensemble de formes inédites. L’objet hyperfonctionnel stéréotypé est en pleine mutation et s’apprête à prendre une dimension affective.

Plusieurs axes de réflexion sont explorés. Les aspects tactiles, gestuels et ergonomiques sont présents dans la plupart des modèles. Voir Galeo, en bois et pierre poli, de Raphaël Dutoit. En forme d’anneau, Ring proposé par Ludovic Owczarz, se manipule à partir du pouce. La tendance est aussi à rendre lisible les flux d’informations. Map (de Léa Bardin et Mattéo Sorbelli) utilise l’image du paysage et les courbes topographiques. Le Rolling Control de Mathieu Rohrer se présente comme un jeu avec des jetons à facettes comportant unités/dizaines /centaines. A la clé : accès à 999 chaînes. Le Boulier de Lucien Gumy permet aussi une manipulation efficace de l’offre pléthorique.

Entre TV digitale et bouquets de chaînes cablées, les possibilités sont infinies. Le critère de tri est assumé dans des propositions comme Twistymote (de Hilal Koyuncu, Leif Percifield et Francisco Zamorano). L’idée, c’est de mémoriser vos habitudes favorites et simplifier vos choix. Recentrage aussi sur la réalité avec des télécommandes miniaturisées qui peuvent se greffer sur une canette de soda. Voir Freehand de Cléo Jacquet. Un modèle comme Sift TV (de Nicholas Cinquegrani, Tami Evnine et Liza Stark) est une tablette en marbre prête à se fondre dans le décor de votre coffee table. Bref, dans cette exposition, l’objet interface sort de sa coque plastique et vous ouvre bien des fenêtres sur le monde !

Lazy Bytes – Jusqu’au 2 mars au Lieu du Design – Exposition collective des écoles de ENSCI – Les Ateliers de Paris / the Royal College of Art in London / Parsons The New School for Design in New York / ECAL – University of Art and Design Lausanne

Mineral Design / Le lieu du design

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Trancher avec les usages et les factures classiques du verre, de la porcelaine ou de la céramique. Tel est le propos de l’exposition Mineral Design. A l’approche de la verrière du Lieux du design, le visiteur est accueilli par L’Angelus silencieux de Daniel Nadaud un ensemble de cloches de porcelaine émaillée en suspension. Un monde de fantaisie s’ouvre.

Impression confirmée devant la Peau de la Licorne de Nicolas Buffe. Des motifs graphiques noir et blanc, entre esprit héraldique et cartoon, courent sur une peau/trophée. Corne, tête et sabots de porcelaine sont greffés à cette tapisserie d’Aubusson, plus vrais que nature. Une affabulation réjouissante.

D’autres pièces surprenantes ponctuent le fil de l’exposition. La S.M.O.K.E Lamp de Mathieu Lehanneur laisse percevoir le souffle s’insinuant dans le verre. Avec poésie, l’accumulation nuageuse de billes de verre de Benjamin Graindorge révèle les pouvoirs de diffraction lumineuse de la matière. Démonstration de cette même propriété par Elise Gabriel à travers le lustre de porcelaine Louchées. Le module de base détourne la forme d’un ustensile culinaire. La porcelaine est utilisée à contre-emploi dans les boomerangs de Philippe Favier, qui semblent prêts à voler en éclat…

Derrière ces recherches en collaboration avec le CRAFT (le centre de recherche des arts du feu et de la terre) et/ou les galeries d’art, surgit une vraie volonté d’appliquer le design des matières minérales à de nouveaux usages. Démonstration brillante avec les carrelages de céramiques conçus par Adrien De Melo, développés et commercialisés par la société Fauvel-Normandy Ceramics. Ce rapprochement, à l’initiative du programme SILINNOV, replace le designer au centre du processus industriel. Et valorise à juste titre la série illimitée.

Exposition Mineral Design / Le lieu du design / Jusqu’au 6 juillet