Guerlain célèbre l’art au féminin – Parcours Privé de la FIAC

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Et Dieu créa la femme, qui fut cantonnée pendant des siècles à un rôle passif de modèle ou de muse dans le champ artistique. Parallèlement aux prises de conscience féministes des années 1960 et 1970, elle passe d’objet à sujet et s’affirme dans l’art contemporain en brisant les stéréotypes, notamment par le biais de la performance. L’exposition du Parcours Privé de la Fiac à la Maison Guerlain rassemble des figures féminines majeures ayant émergé pendant ces années-là : Niki de Saint-Phalle, Yayoi Kusama ou Louise Bourgeois. Et Dieu créa la Femme croise leurs regards avec ceux d’une nouvelle génération de plasticiennes et photographes issues de tous les continents. Elle livre des images marquantes.

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Chiharu Shiota ouvre le bal avec une robe blanche figée dans une pose gracieuse, enchâssée dans un enchevêtrement de fils noirs. Be my Frankenstein de Niki de Saint-Phalle ironise sur le rite de la Saint-Valentin pour révéler une archéologie intime de la femme, faite de poupée disloquées. Sous l’objectif de Shilpa Gupta, la femme en devenir transparaît déjà dans le portrait en pied d’une fillette indienne influencée par la mondialisation. Katarina Bosse scénarise un corps féminin transformé par la maternité et l’impérieuse fonction nourricière. Par un plan serré sur les pieds d’un duo mixte dansant une sévillane, la vidéaste Pilar Albarracin confronte les énergies masculine et féminine en mettant l’accent sur le rapport de force.

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L’exposition se clôt sur la seule œuvre de paternité masculine. C’est une commande spéciale de la Maison Guerlain à l’artiste Philippe Mayaux, qui cite le mot d’Aragon :« La femme est l’avenir de l’homme ». Une pancarte brandie comme un manifeste. Ou une injonction à continuer le combat.

 

Et Dieu créa la femme – exposition d’art contemporain – Parcours Privé FIAC – sous le commissariat de Caroline Messensée

Maison Guerlain
Du 13 octobre au 10 novembre 2017
68 avenue des Champs-Elysées, 75008
Du lun. au sam. de 10h30 à 20h – Dim. de 12h à 20h
Entrée libre

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Sprays de couleurs et de parfums

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Quand le street art entre dans les murs de la Maison Guerlain des Champs Elysées, les sprays de JonOne télescopent les sprays du flacon aux abeilles…

Article à lire sur le site de la Fragrance Foundation

Kaleidoscopic India / Maison Guerlain – Parcours Privé de la Fiac

Crédit photo : Pol Baril - Document Guerlain

Crédit photo : Pol Baril – Document Guerlain

Dans le sillage de Shalimar, la Maison Guerlain expose les facettes de la jeune scène artistique indienne contemporaine. Lire l’article sur le site de la Fragrance Foundation

Présomption d’insouciance / Guerlain

On le sait, depuis 1928, Guerlain est un mécène actif dans la sphère artistique. Pour la 7ème année, la Maison propose une exposition en phase avec la Fiac. Le commissariat a été confié à Caroline Messense, qui officie pour de grands musées. Elle parvient ici à déployer le thème de l’insouciance dans une scénographie mêlant intimement luxe, art et légèreté.

Entre Guerlain et l’Art, c’est un mariage d’amour. Sous les ors de la Maison des Champs Elysées, la circulation entre les deux univers s’effectue comme par enchantement. Les Galets fondus en bonbon Krema de Michel Blazy révèlent une source d’inspiration des parfumeurs : les notes sucrées de l’enfance… La plasticienne Hsia Fei Chang emprunte elle aussi un langage commun aux nez, celui des fleurs à profusion.

Le Collier-seins en verre soufflé de Jean-Michel Othoniel exprime l’essence de la féminité. Il voisine avec des flacons d’exception, façonnés de la même pâte. Cette parure unique se détache sur fond de rideau perlé, filtrant la lumière crue. Françoise Petrovitch utilise le même médium pour sa suspension surréaliste. Au regard des parfums, la Cage fragile semble désigner une zone d’application privilégiée : le creux des poignets…

Le photographe italien Massimo Vitali installe sa palette dé-saturée parmi les harmonies des ombres à paupières et autres boîtiers. Brigitte Ziegler livre une photo de Calamity Jane, littéralement maquillée : un monochrome subtilement retouché au blush… Dominique Ghesquière accroche dans le prolongement du balcon en fer forgé sa propre balustrade en mousse, un motif plus qu’un garde fou. Ode à la sérénade et à la séduction.

L’emblématique néon sculpté de Claude Lêveque « Riez !» résume le mot d’ordre et résonne en cascade dans les miroirs des vitrines. Présomption d’insouciance est une invitation au luxe de changer d’état d’esprit.

Présomption d’insouciance / Parcours Privé de la Fiac / exposition en accès libre à la Maison Guerlain des Champs Elysées /Jusqu’au 11 novembre