Unseen Versailles / Deborah Turbeville

Flash back. En 1978, Jacqueline Onassis et les éditions Double Day passent commande d’un « beau livre » sur la face cachée de Versailles à une photographe bien connue du monde de la mode, Deborah Turbeville.

Novembre 2012, dans le cadre du Mois de la Photo, le galeriste Serge Aboukrat propose une relecture de ce travail dans un espace intimiste de la taille d’une alcôve. S’y effeuillent les visions secrètes d’un palais dépeuplé, loin des fastes et des mouvements de foules. Lumière blafarde hivernale, omniprésence des statues et du vide, silhouettes en errance… Dans une reconstitution onirique, Deborah Turbeville réanime les spectres du passé. Un vaste pêle-mêle confronte les signes de fin de règne : une perruque abandonnée sur un manteau de cheminée, une femme gisant étendue parmi des monticules de feuilles mortes, Marie-Antoinette décapitée par un cadrage prémonitoire…

A la façon d’un cabinet, les murs sont totalement couverts d’images associées à des notes manuscrites. Les photographies  se répondent en diptyques, triptyques et jeux d’associations. L’oeil glisse et cherche à lever des ambiguïtés entre bâches recouvrant les statues, drapés, dais ou linceuls… Les cadres réalisés par les soins de Deborah Tuberville se fondent dans son monde chromatique dominé par le sépia et le spectre des gris. Ils insèrent des ellipses dans le fil narratif. Plus qu’une série de photos, la photographe semble réaliser de longs travelling à travers un palais endeuillé.

Un temps fort du Mois de la Photo.

Unseen Versailles  / Deborah Turbeville / Galerie Serge Aboukrat, place Furstemberg / Jusqu’au 31 janvier