50 ans de création de l’Ecole des loisirs à livre ouvert

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Une petite voix intérieure vous réclame encore une histoire, votre bibliothèque d’enfant vous manque, vous rêvez de raviver le souvenir d’albums lus à voix haute… voici déjà 3 bonnes raisons pour parcourir 50 ans de création de l’Ecole des Loisirs au Musée des Arts Décoratifs.

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Les héros de la maison d’édition au papillon se sont donnés rendez-vous dans des vitrines animées dignes d’un grand magasin à l’approche des fêtes ! Ici, trois chapeaux de feutres menaçants, échappés de l’album Les Trois Brigands de Tomi Ungerer se tiennent en embuscade dans l’ombre, retenant leur souffle. Là, Blaise, le poussin masqué de Claude Ponti, se distingue dans un lancer de balles multicolores vers un panier de basket géant. Plus loin, les silhouettes des personnages de Kitty Crowther sont entraînées dans le tourbillon des carrousels.

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Au mur, de superbes illustrations originales montrent le travail de ces artistes de la littérature enfantine. Le commissaire d’exposition Anne Monier a tenu à faire rentrer les lecteurs au coeur de l’imaginaire des auteurs et des illustrateurs. À sa demande, ils se sont donc pliés à un nouvel exercice de style : imaginer une vitrine en 3 dimensions à leur image. Ensuite, la scénographe Constance Guisset a insufflé de la vie à ces capsules de verre et autres maisons de poupées…

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Certains écrivains se sont prêtés au jeu en prêtant au musée leur jeu favori. D’autres ont dessiné leur peluche panthère, leur chalet en bois, leur cheval à bascule… D’autres ont réalisé des fresques sur les murs. Ainsi le monde de Cheng et sa tribu de tigres s’étirent en format géant… Quand à Grégoire Solotareff et Nadja, ils ont tout simplement transposé une partie de leur atelier dans le musée. On a du mal à refermer ce livre pop-up riche en rebondissements !

Une histoire, encore ! 50 ans de création à l’école des loisirs / Exposition au Musée des Arts Décoratifs – Jusqu’au 7 février

Typorama – Philippe Apeloig / Musée des Arts Décoratifs

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Le logo rythmé du Théâtre Musical du Châtelet, l’affiche cinétique du Saut Hermès au Grand Palais en 2013, le triangle qui marque d’un sceau les éditions Odile Jacob : vous connaissez le design de Philippe Apeloig. Bienvenue au Musée des Arts Décoratifs pour un panorama plus large de son travail.

Issu de la typographie et formé à l’école suisse, Philippe Apeloig reste fidèle à une grille de construction rigoureuse qui structure lettrage, logos, affiches, mise en page…  Cette maîtrise lui permet de créer toutes sortes de tensions et distorsions signifiantes. Voir les caractères semi-immergés sur les affiches consacrées aux voies navigables de France ou le traitement quasi idéographique du nom d’un auteur japonais. Ses typographies sont éloquentes. Coupé, littéralement incisée, a été dessinée pour l’exposition de la collection d’automobiles de Ralph Lauren. Ali est inspirée d’un jeu de Tangram. Philippe Apeloig fait danser les signes et les lettres.

Plusieurs salles vous montrent la dynamique de sa création. Maquettes manuelles ou digitales permettent de saisir le cheminement vers les affiches. Puis, sous forme d’animations, vous rentrez dans la complexité de la composition d’un logo. Partir d’un symbole ou d’un sigle, le redimensionner, épurer, confronter positif / négatif, élaguer, affirmer la géométrie d’une forme… Philippe Apeloig navigue entre sens, lisibilité, mémorisation. Tout se joue à la lettre près.

Exposition Typorama / Philippe Apeloig – Musée des Arts Décoratifs / jusqu’au 30 mars

Momentané – R. et E. Bouroullec / Musée des Arts Décoratifs

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Sous l’influence des frères Bouroullec, la nef des Arts Décoratifs respire les processus de la vie en développement, l’intelligence végétale et ses facultés d’expansion. En mode momentané, jamais figé. Leur design bicéphale capte les forces de la nature et intègre les ressources anthropologiques. L’exposition fait confluer de nombreuses esquisses et croquis/sources.

Sous la nef, d’emblée le regard peut mettre en perspective les différentes approches de découpage de l’espace. Le mur textile modulaire North Tile combine des zones couleur paysage : terre, azur, océan, herbe, mousse, bois, dans une répartition abstraite et aléatoire. La gracieuse Algue fonctionne comme une cellule de base et se ramifie à l’infini. Comme la Twig, elle construit une séparation symbolique sans obstruer la vue. Les panneaux Clouds sont organisés en système alvéolaire.

La galerie adjacente, à gauche, présente tout un travail sur les solutions d’aménagement des espaces de travail, suivant l’idée que les bureaux dits paysager s’avèrent finalement contre-nature. Les solutions de cloisonnement/décloisonnement mettent en jeu des matériaux isolant et absorbant phoniquement comme le liège ou le feutre. Testez en accès libre Workbay, ou la gamme Alcove

La deuxième galerie est centrée sur les nouveaux usages domestiques. Voir le lit-clos japonisant d’inspiration bretonne. Les pièces emblématiques se succèdent. La ligne Hole, réflexion sur la matière et l’économie de moyen, la collection Osso en chêne massif, qu’on peut lire comme un instantané de croissance cellulaire, la jungle des lampes Lianes éditées par Kréo La scénographie fait prendre conscience que l’entité Algue porte en germe la Vegetal Chair. Beau développement !

Racines et arborescences d’un design vital.

Exposition MomentanéRonan & Erwan Bouroullec / Nef du Musée des Arts Décoratifs / Jusqu’au 1er septembre