Croisière dans les îles de la Seine

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Partir à la découverte de paysages fluctuants… Anciennement isolé par un bras de la Seine sur l’île Louviers, le Pavillon de l’Arsenal nous embarque dans une exposition explorant jusqu’au moindre îlot de la Seine. Une destination vers l’archipel de tous les possibles qui intègre au passage une référence marquante à Gilles Deleuze « « Rêver des îles, avec angoisse ou avec joie, peu importe, c’est rêver qu’on se sépare, qu’on est déjà séparé, loin des continents, qu’on est seul et perdu – ou bien c’est rêver qu’on repart à zéro, qu’on recrée, qu’on recommence ».

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Organisé en parcours fluide, l’exposition nous fait naviguer en amont et en aval de la capitale sur un chapelet d’îles célèbres ou méconnues. Par le jeu de d’archives fragmentées, on reconstitue la carte d’identité de chacun de ces territoires. On rêve un moment devant l’indépendance proclamée en 1924 par les habitants de l’Ile Saint-Louis. On suit le remaillage du territoire de l’Ile de la Cité par le Baron Haussmann. On assiste à la reconfiguration de l’Ile Seguin, au passé marqué par les Usines Renault, vers un destin culturel, couronné par l’architecture d’une Cité Musicale en forme de nid. On suit l’essor de l’Ile aux Cygnes, occupée à l’origine par une quarantaine de volatiles majestueux offerts au Roi Louis XIV, vers un projet d’aérodrome et le redéploiement en terre d’accueil des Pavillons de l’Exposition Universelle de 1937…

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On découvre des îles transformées en réserves naturelles, en jardins ouvriers, en prison, en lieu de villégiature privilégié… On n’oublie pas de faire escale sur l’Ile du Platais, surnommée au XXème siècle Physiopolis. Une île au parsemée de tentes bien rangées destinées aux vacanciers naturistes, qui a servi de modèle à Laurent de Brunhoff pour imaginer un lieu idyllique pour les sujets du roi Babar !

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Iles de la Seine – Exposition au Pavillon de l’Arsenal / Entrée libbre – Jusqu’au 2 octobre

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Un Monde Parfait / Pavillon de l’Arsenal

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Passant au crible le patrimoine urbain, le Pavillon de l’Arsenal rend compte de toutes les formes de l’urbanisme parisien. Actuellement, il accueille Un Monde Parfait, installation des deux artistes Martine Feipel et Jean Bechameil. Le monde parfait des Grands Ensembles est issu de la nécessité de reconstruction d’après-guerre et des utopies communautaires. Avant d’être frappé par la désillusion… L’exposition montre 3  immeubles-témoins, dont les architectures ont fait date. Ils sont présentés sous forme de maquettes immaculées et redimensionnée à taille humaine. Leurs murs sont perforés de fenêtres, ou d’ouvertures en forme de brèches, métaphores du délabrement.

La Cité des 4000 (architecte : Clément Tambuté et Henri Delacroix / La Courneuve) est l’archétype d’un ensemble de barres interminables et indifférenciées. En 1986, l’implosion du bâtiment Debussy, très médiatisée, dénonce l’échec de ce mode de vie et pose la première pierre d’une politique de réhabilitation… Les 4 Tours Nuages (architecte Émile Aillaud / Nanterre) peintes aux couleurs du ciel, posent leur empreinte salie dans l’environnement naturel. Derrière l’image de la façade, l’intégration est ratée. Les Orgues de Flandre (architecte Martin S.van Treek / Paris XIXème) se présentent comme un complexe de 4 tours aux volumes hallucinants, dignes d’un décor de film de science fiction. Elles se dressent sur 15 étages, avec des gradins rentrants et sortants censés accentuer l’intimité de chaque appartement.

L’intention des deux artistes est d’enregistrer une trace de ces immeubles voués à la démolition. Ils re-créent une cité constituée de silhouettes fantomatiques. Des pans de murs et d’histoire urbaine.

Un Monde Parfait / installation de Martine Feipel et Jean Bechameil – Pavillon de l’Arsenal / Jusqu’au 5 octobre