The sleeping green, quand la mémoire affleure des champs de bataille

 

Lumineux et désertiques, ces paysages ouvrent des abîmes de questionnements. La terre enfouit-elle une mémoire au plus profond de ses entrailles ? La photographe canadienne Dianne Boss a arpenté la zone frontalière entre la France et la Belgique et sondé les champs de batailles du front Ouest, saignés par des réseaux de tranchée lors de la Première Guerre Mondiale. Elle est passée là où le fil des saisons suture peu à peu les traces de cicatrices à peine refermées.

Présentés dans des cadres noirs à la façon de faire-parts de deuil, ses grands formats carrés embrassent des espaces désolés où le souvenir affleure par rafales sporadiques. Un halo créé une déflagration dans l’image, la brume s’opacifie par moment et brouille la vue, des appels d’air semblent perforer le ciel, des constellations d’étoiles se présentent comme des échappatoires entre flash et trou noir… Sillonné de tranchées, le paysage est criblé de symboles. En ligne de mire : un champ éphémère de coquelicots rouge sang ou un fantomatique troupeau de moutons sacrificiels.

Exploitant les techniques argentiques, la photographe greffe à ses tirages des éléments issus de ce terrain mortifère. Ils se révèlent par surimpression lors du développement telle cette poignée de fleurs fraîches jetée par dessus un cratère. Ça et là, des herbes coupées créent des effets de transparence, ouvrant des profondeurs insoupçonnées. La beauté éthérée détonne sur fond de mémoire de plomb.

The sleeping green. Un no-man’s land cent ans après – Exposition de photographies de Dianne Bos / Centre Culturel Canadien – Jusqu’au 8 septembre

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Charles Pétillon envahit la galerie Magda Danysz

Il travaille avec la matière dont sont faits les rêves d’enfants. Ces grappes de ballons en suspension, blancs comme neige, inaccessibles. Héritier du land-art, Charles Pétillon ouvre des pop-ups éphémères dans les paysages, et les fixe par la photographie, medium dont il est issu.

En électron libre, Charles Pétillon agrège des structures oniriques : Ribambelle lâchée dans le ciel, Igloo sous un soleil de plomb ou encore une représentation du Cloud-Computing. Après son intervention, une villa 19ème déborde de Souvenirs de famille, une cabine téléphonique désertée continue une Conversation sous forme de bulles, une carcasse rouillée d’automobile relâche encore des gaz d’échappement… Entre les murs de la galerie Magda Danysz, Charles Pétillona  planté une forêt constituée de centaines de ballons, une installation où l’on pénètre comme dans un conte de fée.

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Sous l’apparente légèreté de son vocabulaire l’artiste dissémine autour de nous des points d’interrogation, soulève des questions et questionne notre perception des lieux. La série Invasion prend son envol en révélant ses intentions : Anarchitecture dénonce l’uniformisation des fenêtres en PVC qui remplacent les battants de caractère, Play-Station, l’abandon des jeux de plein-air pour le virtuel. Invasions barbares ?

Invasions – photographies et installations de Charles Pétillon – Galerie Magda Danysz / jusqu’au 14 janvier

Voir plus de photos sur le site de la galerie

Croisière dans les îles de la Seine

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Partir à la découverte de paysages fluctuants… Anciennement isolé par un bras de la Seine sur l’île Louviers, le Pavillon de l’Arsenal nous embarque dans une exposition explorant jusqu’au moindre îlot de la Seine. Une destination vers l’archipel de tous les possibles qui intègre au passage une référence marquante à Gilles Deleuze « « Rêver des îles, avec angoisse ou avec joie, peu importe, c’est rêver qu’on se sépare, qu’on est déjà séparé, loin des continents, qu’on est seul et perdu – ou bien c’est rêver qu’on repart à zéro, qu’on recrée, qu’on recommence ».

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Organisé en parcours fluide, l’exposition nous fait naviguer en amont et en aval de la capitale sur un chapelet d’îles célèbres ou méconnues. Par le jeu de d’archives fragmentées, on reconstitue la carte d’identité de chacun de ces territoires. On rêve un moment devant l’indépendance proclamée en 1924 par les habitants de l’Ile Saint-Louis. On suit le remaillage du territoire de l’Ile de la Cité par le Baron Haussmann. On assiste à la reconfiguration de l’Ile Seguin, au passé marqué par les Usines Renault, vers un destin culturel, couronné par l’architecture d’une Cité Musicale en forme de nid. On suit l’essor de l’Ile aux Cygnes, occupée à l’origine par une quarantaine de volatiles majestueux offerts au Roi Louis XIV, vers un projet d’aérodrome et le redéploiement en terre d’accueil des Pavillons de l’Exposition Universelle de 1937…

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On découvre des îles transformées en réserves naturelles, en jardins ouvriers, en prison, en lieu de villégiature privilégié… On n’oublie pas de faire escale sur l’Ile du Platais, surnommée au XXème siècle Physiopolis. Une île au parsemée de tentes bien rangées destinées aux vacanciers naturistes, qui a servi de modèle à Laurent de Brunhoff pour imaginer un lieu idyllique pour les sujets du roi Babar !

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Iles de la Seine – Exposition au Pavillon de l’Arsenal / Entrée libbre – Jusqu’au 2 octobre

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Une histoire parallèle de la photographie par Jean Dibbets

Quelles dimensions recèle l’image photographique ?  Au cours de son oeuvre, Jean Dibbets, artiste contemporain conceptuel majeur, s’est emparé de ce medium qualifié d’art mineur pour traiter par exemple de Perspective Correction. Aujourd’hui, à  l’invitation du MAM de Paris, il construit sa propre histoire de la photographie, prenant le contrepied de certains critiques comme Baudelaire, qui voit dans cette pratique le refuge des ratés des Beaux-Arts ! Dès le démarrage de l’exposition, Jean Dibbets ouvre grand la boîte de Pandore. Il présente un tableau minutieusement peint par Ingres comme un travail précurseur de la photographie couleur !

 

Ne vous attendez pas pour autant à voir de la « photographie d’art » dans cette exposition, ni une chronologie rigoureuse. Le parcours s’étire sur les origines scientifiques de la photographie, en présentant la photomicrographie d’une aile de papillon de William Henry Fox Talbot, les planches botaniques de cyanotypes recueillies par Anne Atkins, des radioscopies qui s’aventurent au-delà de l’œil humain, des photos de la Nasa prises sur Mars… A cette beauté brute révélée par l’objectif est confrontée un grand format zébré par l’éclair signé du photographe contemporain Hiroshi Sugimoto.

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Une salle entière est consacrée à l’obsession de Muybridge pour les séries Animal Locomotion, qui décomposent des mouvements indétectables à l’œil nu. Pour Jean Dibbets, ces clichés d’essence scientifique repoussent les limites de l’expérimentation. Ils catalysent les recherches d’avant-gardes artistiques représentées par Rodchenko et Moholy-Nagy  ou les compositions abstraites de Berenice Abbott.

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Le rapport de la photo et de l’art est montré sous des angles sans cesse renouvelés : capture d’un paysage de land-art transformé par Richard Long, de la performance du Saut de l’Ange d’Yves Klein, utilisation du medium dans les rapprochements surréalistes de Man Ray ou comme passeur de mémoire chez Boltanski… Enfin les photographies numériques de Thomas Ruff ouvrent des perspectives de manipulations et distanciations illimitées par rapport au sujet initial tandis que les nouvelles possibilités techniques d’impression tridimensionnelle conduisent à la production d’objets sculpturaux. L’ouverture de cette boîte de Pandore fait éclater toutes les catégories.

La boîte de Pandore – Une autre photographie par Jan Dibbets / Musée d’Art Moderne – Jusqu’au 17 juillet

Merci au site expointhecity qui m’a offert une invitation pour cette exposition

 

 

L’art et la matière

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Cherchez l’abeille dans un tableau de corolles fraîches ! Humez des accords de fleurs, de vanille et de fève tonka qui rappellent les guerlinades. L’exposition  » Matières – Voyages aux frontières de l’invisible » est à découvrir en ce moment à la boutique Guerlain des Champs Elysées.

Article à lire sur le site de la Fragrance Foundation France .

Thiird, le troisième oeil

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Si, comme moi, vous êtes anti-selfie… Si la perspective d’une photo posée provoque instantanément une crispation involontaire jetée de manière déplaisante à la face de votre image… Alors, imaginez un troisième œil à la fois distant et complice qui vous accompagne lors d’un moment photographique privilégié. Un objectif sensible et attentif, mais qui sait se faire oublier. Un photographe qui minimise sa présence pour maximiser l’intensité des moments captés. C’est le principe d’un THIIRD.

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Tenté par l’expérience ? Suivez-moi, car aujourd’hui je suis l’invitée d’une start-up qui voit loin. THIIRD défend une vision du portrait à la limite du reportage, une vision fondée sur le naturel, faisant appel à la fraîcheur des émotions.

Mon THIIRD va se dérouler en solo, sur mon terrain de blogueuse favori, Paris. Mais il est possible d’organiser un THIIRD pour suivre un moment spécial en groupe, ou pour donner un caractère particulier à un moment de vie, en lui ajoutant un supplément d’âme et de sens. Rendez-vous pris par un bel après-midi printanier, place Vauban, à deux pas de la coupole des Invalides. Poignée de main chaleureuse. On élabore un itinéraire sur l’axe Avenue de Breteuil / Pont Alexandre III. Presque une balade-cliché pour touristes. J’attends donc ces photos au tournant…

Pendant la balade qui va suivre, pas de figure imposée mais beaucoup de spontanéité et une grande liberté d’action. On se laisse guider par l’instantané des découvertes. Le parcours est ponctué d’échanges. D’habitude, dans ce blog, c’est moi qui parle de ce que je vois, mais aujourd’hui, je laisse parler les images de ce troisième œil : je suis sous le charme. J’avoue qu’à réception de plus d’une centaine de photos, j’ai eu du mal à choisir parmi tous les instants lumineux capturés par un photographe qui m’a suivie comme une ombre !

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La jeune fille et l’Ange, Francesca Woodman

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Cet ange n’a fait que passer. Fugitive, sa présence diaphane a été captée par le diaphragme de Francesca Woodman, recueillant des indices impalpables. En devenant son propre sujet d’investigation, la jeune fille définit une écriture très personnelle selon un format carré marqué d’une géométrie intime. Francesca Woodman sort des conventions de l’histoire de l’art. Son corps n’est pas un modèle qu’elle prête au regard d’un maître, mais l’objet d’une auto-appropriation. Comme si sa photographie cherchait à retenir son enveloppe corporelle dans l’espace étroit où il est confiné (voir la série Space).

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L’emprise de l’Ange apparaît peut-être dès l’autoportrait de Francesca à 13 ans, sa lumière s’infuse dans les séries des années 70 (voir From a series on Angels). Le corps refuse d’habiter pleinement l’image en Noir et Blanc. Il sort du cadre, se masque derrière un écran de papier ou se révèle derrière un morceau de verre acéré plaqué à même les chairs… Il se donne à voir dans le reflet furtif d’un miroir, dans un simulacre de jeu sexuel avec un dénommé Charlie, par effeuillage et déchirure d’une feuille de papier lors d’une performance à Providence Rhode Island. La tension présence / absence s’installe tout au long des images.

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Le corps tronqué immobilisé peut être assimilé à une « nature-morte » ambivalente ou une abstraction. Il incarne la verticalité par les jours d’un collant porté à même la peau ou bien l’horizontalité par un jeu de bondage de rubans adhésif. Négation pure ou prétexte plastique ? Sa substance tend à se dissoudre dans l’environnement, disparition programmée. Ses avant-bras se revêtent d’un manchon d’écorce de bouleau et se camouflent dans les sous-bois, son torse se dissimule derrière un fragment de papier peint. Fuite en avant. La lecture de cette œuvre fulgurante se révèle particulièrement émouvante lorsque l’on sait que la jeune fille a effectué un saut de l’ange sans retour à l’âge de 22 ans.

Francesca Woodman – On being an Angel / Exposition à la Fondation HCB – Jusqu’au 31 juillet

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Déambuler dans Tokyo et Cali avec Daido Moriyama et Fernell Franco

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La Fondation Cartier rassemble dans un même espace deux maîtres de la photographie de rue. Dans cette exposition très urbaine, on emboîte les pas du japonais Daido Moriyama et du colombien Fernell Franco.

Le premier point d’entrée sur Tokyo passe par une série de panneaux composites grands formats. Ici, le photographe bien connu pour la force de son Noir et Blanc juxtapose 86 tirages couleur Chromogène par 2, 3 ou même 6. Marchant quotidiennement dans Shinjuku, Daido dévoile l’intimité  de ce quartier périphérique tokyoïte, un motif de lipstick aguicheur, ses entrailles et ses tuyauteries apparentes, ses ratés et ses failles. Sa photographie nous égare dans des labyrinthes symboliques. Une corneille isolée peut nous renvoyer à l’univers littéraire de Murakami, une chaussure féminine oubliée dans la rue peut marquer un pas vers une forme de fétichisme.

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De son propre aveu, Daido déclenche ses prises de vue sous l’impulsion du désir. Il entretient une relation pulsionnelle et instinctive à sa ville. Adoptant un point à hauteur du caniveau, son diaporama Dogs and Mesh Tights construit un puzzle fluctuant de 25 mn. Accompagné d’une bande-son mixant les bruits de la ville, il fait ressurgir distinctement ses leitmotivs visuels, dans toute la puissance de l’écriture N&B. Les obsessions s’enchaînent et se croisent : grillages et réseaux de branches d’arbres, reflets dans les vitrines et surfaces rutilantes, affichages sauvages et forces naturelles. Et toujours ces lèvres glossées provocantes …

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Un étage plus bas, la balade en clair-obscur de Franco Ferneil documente une ville qui n’est plus. Cali a été ravagée par la violence liée aux trafics de drogue. C’est le souvenir du photographe qui guide ses trajectoires. Il s’attarde sur les lieux de son enfance, sur les murs en proie à la démolition, sur les salles de billards ou de  salsa désertées, les maisons closes des quartiers populaires… Il emprunte des voies métaphoriques comme ces mystérieux linceuls recouvrant les ballots du port. Parfois l’image est programmée pour se dégrader, comme pour mieux intégrer les phénomènes de disparition.

Deux portraits de ville sensibles, qui méritent vraiment le détour.

Daido Tokyo – Cali clair-obscur / expositions de photographies de Daido Moriyama et de Fernell Franco / Fondation Cartier pour l’art contemporain – Jusqu’au 5 juin

Les évaporés – Stéphane Remael / Galerie Madé

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Sous pression. La société japonaise provoque l’évaporation de 90 000 personnes chaque année. Elles choisissent de disparaître face à la perte d’un travail, une honte mortifiante, des dettes déshonorantes… Cette forme de suicide social demeure un droit légal pour tout adulte, sans possibilité pour les proches d’avoir recours aux recherches par la police. Comme à livre ouvert, la Galerie Madé expose les photographies de Stéphane Remael, auteur d’une enquête sur ce phénomène avec la journaliste Léna Mauger. Chaque image résulte d’une investigation ou d’une patiente approche du sujet. Elle compose avec le vide et met en scène une pratique qui flotte sur toute la culture japonaise. En effet, le terme évaporé apparaît dès l’époque féodale, il est associé à des rites de purification dans les sources sulfureuses de la région du Mont Fudji avant une disparition programmée.

Un travail de reconstitution presque cinématographique autour de ces anti-héros. Ou vont-ils ? Quels sont les indices pour les retrouver ? Réponse dans des atmosphères embrumées ou nocturnes. Des couleurs sourdes. Des indicateurs au rouge. Une voiture bâchée camouflée dans un quartier perdu en périphérie de Tokyo. Le portrait d’un « déménageur » opérant discrètement la nuit et témoignant à visage fermé de son travail parfois salutaire. L’attente prolongée d’un homme sur le quai d’un ferry, là où la trace de son frère s’est dissipée. Un réduit minuscule où vit un Yakusa mutilé banni de son clan. Une silhouette désespérée au bord du gouffre sur les falaises de Togimbo. A l’image de l’Eléphant s’évapore, best-seller de Haruki Murakami, les territoires de la réalité et de l’imaginaire se confondent dans ces photographies énigmatiques.

Portfolio à découvrir ici

Exposition Les évaporés – Galerie Madé / Jusqu’au 7 mars Livre : Les Evaporés du Japon, de Léna Mauger et Stéphane Remael, paru aux éditions Les Arènes

Michael Wolf / Blind Walls – Paris RoofTops / la galerie particulière

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De terrasse en terrasse, l’objectif de Michael Wolf a capté les toits de Paris à perte de vue. Cette série urbaine imbrique des motifs à géométrie variable :  pans de murs aveugles, crépis délavés, conduits de cheminées et réseaux d’antennes télévisuelles. Une palette parisienne unique, reconnaissable à ses gris zinc et ses beiges nuancés. Une trame picturale abstraite, réduite à des aplats de non-couleurs et quelques touches de teinte brique. Le champs de l’image évacue le bleu du ciel mais fixe la lumière de l’été et l’automne 2014, dates de ces prises de vue.

De ce désert de toitures émergent quelques traces de l’activité humaine : un graff perché de M. chat souriant de toutes ses dents, une forme de cœur vert tendre peinte en réserve sur un pignon, une silhouette à peine perceptible voilée par un vitrage terne, des barreaux de fer fichés dans le ciment comme une échelle de Jacob où la vie monte en puissance… La photographie de Michael Wolf incite à prendre de la hauteur. Elle imprime la vie des métropoles dans ses moindres détails. Ici, en rasant le ciel, elle élève les coeurs.

Blind Walls – Paris RoofTops – Exposition de photographies de Michael Wolf  / la galerie particulière / Jusqu’au 1er mars

voir la série Paris roof tops