Urs Fischer / Ecole des Beaux-arts

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Dans le cadre du Festival d’Automne, le plasticien Urs Fischer investit la Chapelle des Petits Augustins et de la Cour Chimay des Beaux-arts de Paris. Il y a matière à sensations.

Une lourde tenture entretient la pénombre de l’antichambre de l’exposition. Odeur de cierge. Un homme de cire se consume en s’affaissant, répandant ses entrailles en coulures jusqu’au sol. Sa posture évoque furtivement celle du Penseur de Rodin, dans le relâchement de la tête. Mais elle repose décapitée entre ses bras. Au milieu de la chapelle encombrée des gisants de pierre, un lit aux draps immaculés ploie sous une masse de terre couleur cendre. L’argile granuleuse pèse de tout son poids, comme le ferait un corps d’adulte grabataire, incapable de résister à la gravité. Forces de l’inertie à l’œuvre. Vision d’un cycle de vie raccourci.

Le premier coup d’oeil  sur la cour Chimay révèle des formes vagues, un champ de désolation argileux. Superposé aux statues classiques, un autre monde malléable prend vie entre le minéral et l’organique. Les formes molles et autres vestiges sont chargés d’intentions narratives. On peut reconstituer les traces d’une mythologie personnelle : royaume des chats errants, jeux d’enfants, cimetière profané… Mais, avec les pluies de saison, l’argile se désagrège. Les repères s’effacent progressivement. La perception est soumise à distorsion.

Les grands axes du travail d’Urs Fischer sont identifiables : mise en perspective de la sculpture, liberté de l’énergie propre à la matière, formes en mutations et entropie. A la suite des œuvres exposées récemment au Palazzo Grassi de Venise et à la Kunsthalle de Vienne, cette installation parisienne frappe fort.

Urs Fischer – exposition aux Beaux-art de Paris / Festival d’Automne / jusqu’au 3 novembre

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