Capitaine du futur et la Supernature à la Gaîté Lyrique

Plus vraie que nature ? La Supernature ! Les installations interactives et les expériences à vivre fleurissent dans la nouvelle exposition de la Gaîté Lyrique. C’est l’occasion d’approcher des écosystèmes interactifs, des mondes hybrides, des robots qui fonctionnent à la manière d’organismes vivants… Embarquez dans un tour d’horizon du futur.

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D’une découverte à une autre… Flottant à la surface d’un étang miniature, des robots-nénuphars se nourrissent de données numériques (qualité de l’eau, de l’air, lumière, sons ambiants) et dérivent selon des comportements imprévisibles – voir Vessels par S. Audry, S. Kelly et S. St Aubin. Implantées dans des parterres luminescents, des fleurs artificielles se rétractent sous l’influence des sons produits par les promeneurs, comme pour alerter sur la fragilité du milieu naturel – The Timid Wilderness par M.Moss. Des méduses abyssales communiquent sur un mode collaboratif et commandent l’activation d’un robot. Ces créatures marines partagent un processus d’apprentissage communs aux intelligences humaines et artificielles –  Aurelia 1+H par R.Sebjanic et S. Glamocanin

La chaleur de votre main balaye un paysage en relief et déclenche un diorama qui permet de survoler en profondeur les paysages d’une planète imaginaire – Mèchanè par Studio Chevalvert. Une installation immersive matérialise le déferlement incessant de l’information et ses flux intarissables. Ce monde fluide ménage toutefois la possibilité pour l’homme d’interagir et de  faire diverger l’élément liquide – Fluid Structure 360° par V. Houzé.

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Autour d’une vingtaine de propositions, Capitaine du Futurpermet de prendre le pouls du « Wild World Web ». C’est le printemps et l’art numérique pousse à vue d’oeil sur le terreau des nouvelles technologies !

Capitaine du futur et la Supernature – Jusqu’au 15 juillet à la Gaîté Lyrique

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Talismans – Exposition à la Fondation Calouste Gulbekian

Talismans. Les œuvres rassemblées à la Fondation Calouste Gulbekian sont toutes liées par ce mot magique. En préambule à un parcours plutôt ésotérique, il faut se donner des clés de lecture. Ici, chaque geste artistique fait sens dans un contexte de destruction, d’instabilité, d’adversité ou d’effondrement. 

« Dans cette exposition on considère l’apocalypse comme possiblement derrière nous… » nous renseigne la présentation écrite. Le talisman détient alors « la capacité de créer des histoires, des liens qui aident l’individu à gérer le monde et à créer des mondes ».

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Selon les cheminements, chaque pièce exposée rencontrera en nous un écho plus ou moins perceptible. « Le désert entre nous n’est que du sable ». C’est l’un des versants possibles de l’installation de Laddie John Dill Light and Sand. Elle peut se percevoir uniquement dans sa matérialité ou bien se lire comme un paysage métaphorique, traversé de lumière.

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Le parcours se fragmente dans les multiples forces à l’œuvre. Certaines œuvres trahissent l’instabilité du monde. Voir First Pendulum de James Nares un pendule spectaculaire en suspension dans les rues New-Yorkaises, qui semble faire basculer l’espace. Maria Hassabi donne à voir un lustre déplacé et animé par des séquences de lumière en rupture avec les usages classiques. Les télégrammes envoyés quotidiennement par On Kawara à la galerie Yvon Lambert avec la mention « I’m still alive » renvoient au fil fragile de l’existence. Les murs nous interpellent avec des fragments de poésie, des invocations énigmatiques.

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L’autre niveau de lecture s’aligne sur les forces de guérison qui circulent et conjurent les déséquilibres. Voir les mains du kinésithérapeute en pleine manipulation dans Remise en forme d’Eléonore False. Se laisser déconcerter par la série des tambours à broder de Art Orienté Objet, qui est associée à des rituels chamaniques. Ces objets sont restitués aux artistes si le processus de guérison opère… Être surpris par son reflet dans le miroir suturé de Kader Attia, qui propose une autre vision du monde et de soi-même. Bref, soigner sa disponibilité d’esprit et laisser le charme opérer…

Préambule à lire sur le site de la Fondation Calouste Gulbékian

Exposition Talismans – La désert entre nous n’est que du sable – Fondation Calouste Gulbékian / Jusqu’au 1er juillet

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Fautrier – Matière et Lumière – au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

L’exposition Fautrier – Matière et Lumière – précise les contours d’une œuvre méconnue du grand public, même si elle est bien représentée dans les collections des plus grands musées, dont le MAM de la ville de Paris. Les longues galeries du MAM nous font serpenter à travers cet « Art Informel », comme il fut qualifié par les critiques d’art de l’époque. Elles nous guident au cœur de ses différents moments chromatiques et de ses mystérieuses circonvolutions, dans une évolution organique.

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Au commencement apparaît le talent d’un peintre formé à la Royal Academy de Londres, fasciné par les portraits sombres à la façon de l’école flamande. Puis, dans les années 1926-1927, Jean Fautrier s’engage dans une période noire radicale, nourrie d’animaux écorchés, de nus pantelants et de bouquets de fleurs improbables. Ces formes esquissées affleurent du fond dans un enchevêtrement de gestes brossés ou griffés. Sa palette va ensuite s’adoucir en introduisant des gris colorés plus veloutés. Déjà, le sujet semble se diluer dans la matière, la figure se dépersonnalise et la forme émerge à peine du flou ambiant. Même les titres des œuvres cultivent l’imprécision et se superposent, comme pour associer deux visions divergentes. Voir Les Fleurs Noires ou Les Chardons Noirs 1926, La Jolie Fille (ancien titre Nu Gris), 1926-1927, Le Canard ou Le Col Vert 1928…

Le peintre s’installe dans la production de séries, poursuivant son sujet de façon obsessionnelle. En parcourant les boyaux du MAM, une question nous taraude : Qu’est-ce que Fautrier cherche à peindre ? Des énergies invisibles, la déformation de la mémoire, la désagrégation de la matière, des rythmes scripturaux ? La série des Otages, peinte entre 1940 et 1945 a suscité une vague d’émotion lors de sa présentation en Octobre-Novembre 1945 à la galerie René Drouin. Exposée sous nos yeux, elle transpire toujours le message lancinant et énigmatique d’une œuvre viscérale.

Jean Fautrier – Matière et Lumière / Jusqu’au 20 Mai au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

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Loupot peintre en affiche – exposition à la bibliothèque Forney

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Ambre Solaire, Nicolas ou St Raphaël… Ses réclames subsistent dans notre inconscient collectif et ici ou là sur les pignons, à l’état de traces de peintures murales. À la fois artiste, affichiste et typographe, Charles Loupot a marqué l’histoire de la publicité. L’exposition foisonnante déroulée par la Bibliothèque Forney rend hommage à ce publicitaire plutôt méconnu, qui a mis son génie protéiforme au service des marques. Charles Loupot a su se renouveler et affirmer son style depuis les années 20 jusqu’aux années 50. Le logotype épuré qu’il a crée pour L’Air Liquide a été utilisé jusqu’en 2017 !

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Travailleur obsessionnel et artiste dans l’âme, Charles Loupot s’est montré réceptif aux grands courants artistiques du 20ème siècle. Sur nombre de ses affiches, on peut déceler des influences cubistes, constructivistes, cinétiques ou Art Déco. Charles Loupot s’illustre par des parti-pris radicaux, des mises en page ultra-signifiantes, des illustrations soignées et des typographies créées de sa main, qui font vibrer les marques.

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Parmi ses réalisations marquantes, deux publicités pour les automobiles Voisins séduisent en empruntant deux voix radicalement différentes. L’une est saturée de motifs végétaux cézaniens. L’autre, minimaliste, laisse le champs libre aux grands espaces à parcourir… À regarder également en vis à vis : l’affiche pour le café Martin qui valorise graphiquement l’arôme du breuvage et celle pour le thé Twinning, structurée autour d’un jeu sur la lettre T.

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Les marques s’incarnent souvent à travers des personnages, comme cette figure féminine éthérée pour la marque de parfums Coty, dont la typographie semble se construire dans un jeu de reflet sur un élément liquide. La femme Ambre Solaire, qui idolâtre le soleil dans un contre-jour doré, a fait l’admiration d’Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal et commanditaire de l’affiche.

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Au delà de la publicité, Charles Loupot couvre tout le champs de l’identité visuelle d’une marque. Pour Nicolas, il stylise la figure du Nectar Livreur et la décline à des objets publicitaires comme les bouchons de bouteilles. La collaboration avec les apéritifs St Raphaël est un magnifique cas d’école qui repose sur la création d’une typographie anguleuse, immédiatement identifiable. L’association de la marque à deux personnages blanc et rouge indissociables se prête à de multiples variations.

Au delà du vintage, l’exposition affiche la modernité d’un précurseur des arts graphiques et de la publicité. Haut en couleur !

Loupot peintre en affiche – exposition à la bibliothèque Forney – entrée libre jusqu’au 26 mai

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Murmures des murs de Victoria Thiérrée au Théâtre du 13ème art

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En plein déménagement, le personnage incarné par Victoria Thiérrée semble rivé à sa chaise, parmi les cartons épars. Tandis que le plafond menace de s’effondrer, des objets familiers ressurgissent des boîtes et se dotent d’une vie propre. Magie ou folie ? La question reste ouverte tout au long de la pièce qui se déroule dans l’urgence, au rythme agile des interprètes.

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Des décors mouvants mènent la danse, des façades de maisons aux allures vénitiennes s’escaladent en un clin d’œil, des hommes sans visage surgissent de nulle part, la frontière entre le réel et l’imaginaire s’amenuise. À l’image de ce papier peint qui se décolle indéfiniment et laisse voir des couches successives de motifs colorés, l’atmosphère sur scène varie constamment.

Ponctuant le spectacle, les techniques venues du cirque sont parfaitement huilées et offrent des visions magiques grâce à la touche personnelle de Victoria Thiérrée, à son génie des décors et des matières… L’espace se resserre ou se dilate au gré de sa fantaisie. En quelques secondes, un personnage peut se grimer en animal à partir d’une simple étoffe ou de quelques plumes. Le papier bulle se sculpte et s’anime. Ces visions fascinantes et fugitives peuvent s’écrouler en un instant, telles des châteaux de carte.

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Le rapport au costume revient comme un leitmotiv tout au long de la pièce. Un kimono de soie est abandonné par sa propriétaire, qui refuse que l’on lui restitue. On se défait en un clin d’œil d’un vêtement seconde peau pour s’éclipser dans la nature, on glisse à travers les mailles d’un autre pour lui donner vie, on se dispute une blouse blanche en la déchirant, on fétichise un escarpin rouge dépareillé… Les énigmes de ce puzzle imaginaire tiennent à un fil.  Le rideau tombe en drapant de mystère ces moments d’une grâce inouïe…

Spectacle conçu et mis en scène par Victoria Thierrée-Chaplin – Avec : Aurélia Thierrée et Jaime Martinez, Antonin Maurel

Du mardi au samedi 20h30. Le samedi 3 février, 15h.
Du 30 janvier au 3 février 2018.

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Plus d’info

Paysages intérieurs de Philippe Genty au Théâtre du 13ème art

Porte ouverte sur des paysages oniriques mouvants. À la suite d’un petit génie qui s’extrait péniblement d’une valise, les pérégrinations de son double humain s’enchaînent, avec pour toiles de fond le grand air, les cimes enneigées, l’océan ou le firmament. Adieu l’enfermement, place aux espaces du rêve qui n’en finissent pas de se démultiplier ou de s’emboîter. Un spectacle qui donne des ailes.

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Une vision en chasse une autre dans un souffle d’air marin accompagné de cris de mouettes invisibles. Les décors font valser l’espace. Une ombre portée géante occupe le sol avant d’être roulée comme un tapis. Paysages à la Dali, les tableaux projettent leurs formes molles comme autant de restes diurnes cousus ça et là de fils rouges : une pomme tentatrice ou des points d’interrogation en suspension dans l’air.

Philippe Genty, maître de l’illusion, lève le voile sur des créatures étranges qui se métamorphosent au gré de la puissance de son imagination. Ces êtres parfois inquiétants peuplent sa création, comme des émanations de soi difformes se reflétant dans un jeu de miroir.

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Dans ce labyrinthe des rêves se croisent des silhouettes d’oiseaux dans une parade nuptiale, une femme-plante carnivore hybride, des chirurgiens fous, des couples antagonistes, une créature féminine voluptueuse et tentaculaire… Sur une bande-son de René Aubry, l’art des marionnettistes, des mimes et des danseurs opère quasiment sans parole, alternant fantasmes inavoués et poésie aérienne.

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Paysages intérieurs de Philippe Genty / du 17 au 21 janvier – Théâtre 13ème Art,

Mise en scène et scénographie : Philippe Genty / Chorégraphies: Mary Underwood Assistés par : Nancy Rusek et Éric de Sarria – Création musicale: René Aubry / Co-production: Juste pour rire – Comédiens-comédiennes: Amador Artiga, Maja Bekken, Balázs Jerger, Scott Koehler, Simon Rann, Madeleine Fredstad Roseth, Benedikte Sandberg

Réservation

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De Degas à Redon, le Petit Palais consacre l’art du pastel

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Attention : fragile ! Le pastel est une matière hypersensible à la lumière qui requiert une conservation dans la pénombre pour préserver ses pigments d’origine. Le pastel fut considéré longtemps comme une catégorie subalterne vouée à l’étude préparatoire et au service des toiles peintes sur châssis. De ce fait, de nombreuses esquisses réalisées à la craie ont été détruites…

Ephémère et ambigu, ce medium sert à merveille les effets graphiques comme les effets picturaux, entre trait nerveux du dessin et rendu lisse de la peinture à l’huile. Gras ou sec, il recèle des potentialités artistiques insoupçonnées. Avec cette exposition, le pastel sort de sa réserve et s’affirme comme un art majeur.

Le Petit Palais expose à titre exceptionnel 130 oeuvres issues de ses collections. Sorti de l’ombre des réserves et mis en en lumière sur les cimaises, cet ensemble fait apparaître des possibilités créatrices méconnues et nous incite à changer notre regard sur le statut du pastel.

La première salle dédiée à son âge d’or, au 18ème siècle, sert d’antichambre à l’exposition, même si elle s’ouvre sur le splendide Portrait d’une jeune princesse russe par Élisabeth Vigée-Lebrun. La diversité des formes se laisse percevoir au fil des courant artistiques qui ont scandé la fin du 19ème et le début du 20ème siècle : naturalisme, impressionnisme, symbolisme, sans oublier la vogue des pastels mondains.

La scénographie fait ressortir chaque particularité des maîtres. Elle permet d’appréhender la liberté du trait de Berthe Morisot, (Dans le Parc), le sens du détail sur le profil mystérieux lisant Le Journal (par James Tissot), les jeux de lumière capturés par Emilie Guillaumot-Adan (Au Soleil), les visions chatoyantes d’Odilon Redon…

Ponctué de citations, le parcours sait orienter le regard vers toutes les subtilités du medium. « Le pastel, cette matière si souple et si fragile, qui tient du pollen des fleurs ou de la cendre brillante qui poudre les ailes des papillons, convient surtout pour reproduire la suavité des chairs féminines et les chiffonnements soyeux des belles étoffes. » écrit Judith Gautier lors de l’exposition des pastellistes de 1887.

Une belle envolée à l’image de cette exposition lumineuse !

L’Art du Pastel de Degas à Redon / Petit Palais – Jusqu’au 8 avril 2018
M° Champs-Elysées Clémenceau

Du mar. au dim. de 10h à 18h
Nocturne ven. jusqu’à 21h – Fermé lun.
Tarif : 11 € – Tarif réduit : 8 € – Gratuit – 18 ans

Guerlain célèbre l’art au féminin – Parcours Privé de la FIAC

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Et Dieu créa la femme, qui fut cantonnée pendant des siècles à un rôle passif de modèle ou de muse dans le champ artistique. Parallèlement aux prises de conscience féministes des années 1960 et 1970, elle passe d’objet à sujet et s’affirme dans l’art contemporain en brisant les stéréotypes, notamment par le biais de la performance. L’exposition du Parcours Privé de la Fiac à la Maison Guerlain rassemble des figures féminines majeures ayant émergé pendant ces années-là : Niki de Saint-Phalle, Yayoi Kusama ou Louise Bourgeois. Et Dieu créa la Femme croise leurs regards avec ceux d’une nouvelle génération de plasticiennes et photographes issues de tous les continents. Elle livre des images marquantes.

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Chiharu Shiota ouvre le bal avec une robe blanche figée dans une pose gracieuse, enchâssée dans un enchevêtrement de fils noirs. Be my Frankenstein de Niki de Saint-Phalle ironise sur le rite de la Saint-Valentin pour révéler une archéologie intime de la femme, faite de poupée disloquées. Sous l’objectif de Shilpa Gupta, la femme en devenir transparaît déjà dans le portrait en pied d’une fillette indienne influencée par la mondialisation. Katarina Bosse scénarise un corps féminin transformé par la maternité et l’impérieuse fonction nourricière. Par un plan serré sur les pieds d’un duo mixte dansant une sévillane, la vidéaste Pilar Albarracin confronte les énergies masculine et féminine en mettant l’accent sur le rapport de force.

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L’exposition se clôt sur la seule œuvre de paternité masculine. C’est une commande spéciale de la Maison Guerlain à l’artiste Philippe Mayaux, qui cite le mot d’Aragon :« La femme est l’avenir de l’homme ». Une pancarte brandie comme un manifeste. Ou une injonction à continuer le combat.

 

Et Dieu créa la femme – exposition d’art contemporain – Parcours Privé FIAC – sous le commissariat de Caroline Messensée

Maison Guerlain
Du 13 octobre au 10 novembre 2017
68 avenue des Champs-Elysées, 75008
Du lun. au sam. de 10h30 à 20h – Dim. de 12h à 20h
Entrée libre

Cirkopolis – le Cirque Eloize au 13ème Art

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Une scène sans limite, ouverte à toutes les disciplines : arts du cirque, danse, arts visuels… Comme un écho à Metropolis, Cirkopolis s’inspire librement du monument cinématographique de Fritz Lang. Un fond d’écran nous précipite dans la ville basse et projette une perspective fuyante dans un travelling arrière accéléré, comme pour déstabiliser l’espace. Le décor est minimaliste, planté dans un esprit bureaucratique. L’énergie du peuple travailleur est décuplée par les mécaniques de précison humaines qui se succèdent sur une bande-son effrénée, saturée de références : fanfares triomphales, airs de romances désuètes ou chant soviétique.

Les tableaux jonglent avec les codes et les rouages du cirque. Une acrobate à la fois hypertonique et hyperlaxe exécute un grand écart spectaculaire. Une roue allemande est emmenée dans une course de haute-volée. Un magicien du diabolo semble en mouvement perpétuel. Les artistes se synchronisent dans des marches martiales et des chorégraphies constructivistes parfaitement huilées. Un couple félin bondit sur un mât chinois et montre ses prouesses. Les transitions entre chaque numéro sont ponctuées d’effets de surprises.

Des projections visuelles accentuent le vertige des performances et transportent le spectateur dans un autre espace-temps. Des touches de couleurs vives font progressivement leur apparition parmi les costumes à dominante vert-de-gris, puis surgissent des clins d’oeil à l’esthétique du cirque, comme cette grappe de ballons gonflés à l’hélium. Les énergies pulsent de toutes parts. Le rythme frénétique est parfois rompu par des moments d’abandon ou des instants de grâce pure : une acrobate en apesanteur sur une roue Cyr, des pas féminins s’incrustant au-dessus de mains tendues, un duo entre un clown et une robe en suspension sur un porte-manteau. Le final explose dans une ovation de la salle. Bravo !


Cirkopolis – Cirque Eloize – du 05 au 29 octobre au nouveau Théâtre 13ème Art       Du mardi au samedi à 21h, le mercredi et le samedi à 16 h également, et le dimanche à 15h .

Infos et réservations sur le site du Théâtre 13ème Art

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